18 – 37 – Leipzig

À Leipzig, du 16 au 19 octobre 1813, la ‘Bataille des Nations’ oppose Napoleon I au Tzar Alexandre I. Vaincu, l’empereur retourne en France. Sur sa lancée, la Coalition Russe, Prusse, Autrichienne et Suédoise occupe la France. Napoléon est contraint d’abdiquer, il est exilé sur l’île d’Elbe en mai 1814. 

La bataille auquel participent 500.000 soldats est la plus sanglante des guerres Napoléoniennes. 

Cent ans plus tard, pour célébrer le centenaire du massacre, Guillaume II inaugure le ‘Völkerschlachtdenkmal’, un édifice construit dans le style ‘Kolossal’.

Le monument de 91 m de haut est réalisé en béton recouvert de granit. Sur la façade on peut lire la devise militaire Germanique ‘Gott mit Uns’.

L’année dernière, Rudi et Christine, deux plaisanciers allemands que nous avions rencontrés sur le canal de la Marne au Rhin et avec lesquels nous avions navigué en flottille pendant une quinzaine de jours, nous ont offert un livre intitulé ‘Deutschland, Topaktuelle Tips, Fotos und Karten.’ Le chapitre consacré à Leipzig identifie quatre choses à voir et à visiter.

Le ‘Völkerschlachtdenkmal’ est un des quatre. 

Le vendredi 14 septembre, comme vous avez pu le lire dans mon billet précédent, nous avons longuement admiré les œuvres de Carolein Smit au musée Grassi, c’était la cinquième raison de notre visite à la ville; la première en réalité. Rappel:  Voir www.caroleinsmit.com

Le lendemain, le samedi 15 septembre, l’esprit frais, nous poussons la porte du ‘Museum der Bildende Künste’. Le bâtiment en forme de cube est ouvert depuis 2004. L’ancien musée avait été détruit par un bombardement Alliés le 3 décembre 1943. Les collections avaient préalablement été mis en sécurité.

Voir les photos avant et après ci-dessous.

Nous sommes presque plus impressionnés par le volumes des salles et des cages d’escalier que par les œuvres exposées. J’ai dit ‘presque.’

Au sous-sol on découvre des photos de August Sander. Nous retrouvons des clichés que nous avons eu l’occasion d’admirer à Paris il y’a quelques années.  

L’église Saint-Nicolas et l’église Saint-Thomas sont les numéros 3 et 4 recommandés par le guide de Rudi et Christine. 

La Nikolaikirche est le symbole du processus de libération de la DDR. C’est le point de départ, le 9 octobre 1989, d’un cortège de protestation de plus de 70.000 personnes, contre le régime. On connaît la suite. 

L’église Saint-Thomas est celle où Johan Sebastian Bach était Maître de Chapelle de 1723 jusqu’à sa mort en 1750. L’église est à la fois un lieu de culte et un centre musical.

Leipzig est une ville imprégnée de musique, eine ‘Musikstadt’.

Johan Sebastian Bach, Felix Mendelssohn Bartholdy, Edvard Grieg, Gustav Mahler, Clara et Robert Schumann ont vécu et travaillé ici. Hanns Eisler et Richard Wagner sont nés à Leipzig.

Pour manger, nous évitons les restaurants à touristes et nous recherchons les endroits où les autochtones se restaurent. Dans le restaurant du Kaufhaus, au 4ème étage, nous avons aimé le chou farci avec une purée de pommes de terre et des morceaux de potirons.  

Leipzig faisait partie de la DDR. Depuis près de trente ans que le mur est tombé, on trouve parfois encore en dehors des villes, des vestiges de l’ancien régime. Exemple, la gare désaffectée de Thekla où nous prenons le S4 pour aller du Melinenburg Stellplatz à la gare centrale de Leipzig. Voir la photo ci-dessous 

La Leipzig Hauptbahnhof est avec ses 80.000 mètres carrés la plus grande gare au monde. Elle fut inaugurée en 2013, deux cent ans après la Bataille des Nation et cent ans après l’inauguration du Völkerschlachtdenkmal. Aucune relations entre les événements mais j’aime la coïncidence.

Dans mon prochain billet je parle de l’église de Löbnitz, dont le plafond style ‘bande dessinée’, fut peint en 1670. On visite également Dessau, le berceau du Bauhaus et ensuite nous passons 2 jours à Potsdam.

 

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18 – 36 – Leipzig, Grassi, Carolein Smit

Si des fois il vous arrive, avant le premier café du matin, de vous sentir déprimé, lisez les billets de Sky. Vous verrez que dans la vie, tout est relatif.

Jane et Sky sont un couple d’américains que nous avons rencontré pour la première fois lors d’une halte sur un canal de France il y a plus de dix ans. Pour le lieu et la date précise, je devrais à la maison, consulter les livres de bord du Chat Lune.

Ensuite, au fil de nos navigations respectives nous sommes croisés plusieurs fois encore. Entre-temps, on garde un contact digital.

Il y a un an et demi, le verdict affreux tombe, Sky souffre de la maladie d’Alzheimer. 

Il a alors cette remarquable initiative de documenter l’évolution de son mal et il crée à cet effet un blog intitulé ‘Alzheimer’s Canyon’.

Dans le billet qu’il publie ce matin, Sky explique pourquoi il vient de décider d’arrêter de conduire une voiture.

Je vous conseille également de lire l’article où il traite de la mort.

Voir le lien ci-après:

http://alzheimerscanyon.blogspot.com/

Dans le même ordre d’idée, c’est la mort, les squelettes, le diable et l’enfer et les personnages tourmentés qui forment le fil conducteur des œuvres de notre amie céramiste Carolein Smit.

  • Après dix jours de route, nous sommes arrivés à Leipzig et notre première visite est pour le Grassi ‘Museum für Angewandte Kunst’ où l’artiste a reçu une vaste salle pour ses créations, le titre de l’exposition est ‘Amour fou’.

On découvre une ambiance mystique et féerique. Les couleurs sont riches, le rouge du sang, l’or et les perles brillantes créent un monde où les jeunes filles embrassent des squelettes, les satyres sont entourés de flammes et les diables annoncent l’enfer. Les lièvres, un des animaux favoris de Carolein, sont sanguinolents et dépouillés de leur fourrure et les agneaux ont trois têtes. La puissance et la gloire, l’amour, la violence et la mort sont omniprésents. Le mur du fond est consacré à la danse funèbre, les sculptures sont en bas relief blanc sur un fond bleu indigo. 

L’ensemble est éblouissant, parfois choquant mais toujours époustouflant, je cherche les adjectifs.

Dans un documentaire d’une bonne heure de long, on voit Carolein travailler, préparer des expositions précédentes et développer sa philosophie en discussion avec un ami critique d’art. 

Deux heures plus tard, nous quittons l’exposition, émerveillé par la beauté des œuvres et fasciné par l’imagination débordante et le travail de l’artiste.

Dans mon prochain billet je vous parlerai de Leipzig.

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18 – 35 – Mann.Münden, Nordhausen & Merseburg

Le 3 et le 4 avril 1945, une semaine avant que les troupes américaines n’atteignent la ville, la Royal Air Force déverse 2386 T de bombes sur la ville de Nordhausen. La ville est au trois quart détruite et 8800 personnes y laissent la vie.

Après la guerre, la ville est reconstruite dans un style stérile, un mélange d’architecture stalinienne de l’époque DDR et d’acier/verre/béton, que nous datons après la chute du mur. Sans âme.

Nous avons repéré le musée de l’usine IFA. Située à l’ouest en dehors de la ville, l’usine n’est pas touchée par les bombes de 1945. Par contre, elle fut démantelée en 1991, lorsque la production planifiée fit place à la concurrence libre. 

Crée en 1898, la manufacture changea quelque fois de nom et de propriétaires, mais elle produisit surtout des locomotives légères, des tracteurs et des moteurs. À partir de 1939-1940, les machines agricoles font place à du matériel de guerre dont les moteurs 12 cylindres Maybach de 220 CV et 300 CV destinés aux ‘Panzer’. 

En 1948 elle retrouve sa vocation d’origine et elle développe, fabrique et exporte des tracteurs agricoles et des moteurs. 

Aujourd’hui, il ne reste à l’emplacement de l’usine que le musée qui retrace son histoire.

Le hasard fait qu’une locomotive Montana, fabriquée ici, fut livrée à l’exposition universelle de notre ville de Gand en 1913. Elle servit à tracter le tramway qui parcourait le parc de l’exposition. 

Nordhausen est située sur le trait de crayon qui nous dirige vers Leipzig.

J’avais repéré l’usine IFA et la ‘Museum Haus Meyenburg’ comme points d’intérêt de la ville. Le musée d’art est temporairement fermé, une nouvelle exposition se prépare, le vernissage à lieu dans 4 jours. Nous n’attendons pas. 

Pour la nuit, nous rangeons notre engin à un emplacement prévu à côté de la piscine municipale. Le prix du stationnement comprend un ticket d’entrée des salles d’eau. Marleen et moi nous amusons beaucoup dans les bassins situés à côté de la piscine olympique. Le plan d’eau regorge de surprises, on nage à l’intérieur et à l’extérieur, il y a des couloirs avec du contre-courant et des jets puissants qui surgissent de manière intempestive, l’eau est à 26°C, pas chlorée, un délice.

Avant Nordhausen, à 30 km au sud du trait de crayon, Marleen à repéré Hann.Münden. C’est la ville des trois rivières car située au confluent de la Werra et de la Fulda qui se rejoignent en donnant naissance à la Weser, le long de laquelle nous avons passé deux journée de repos à Wahlsburg. Pour vous éviter de sortir un atlas, sachez que la Weser est la rivière qui part de Mann.Münden pour rejoindre la mer du Nord à Bremerhaven, 300 km plus au nord.

Les forteresses volantes de la RAF ont ignoré l’endroit car c’est aussi la ville des 700 maisons à colombages. 

Enfin, c’est la ville du Dr.Eisenbart. Sans diplôme lui-même, le barbier, dentiste, ophtalmologiste et chirurgien ambulant doit son éducation à son père et son beau-frère qui eux étaient médecins.  

Sa renommée est telle qu’il bénéficie de privilèges accordés par la famille Royale. 

Il opère avec succès cataractes et calculs rénaux. Lors de ses voyages, il est accompagné de saltimbanques et de musiciens ambulants qui doivent distraire la foule des curieux pendant qu’il procède à des opérations sans anesthésie, le chloroforme n’est pas encore inventé à la fin du 17ème siècle. Vers 1800, la chanson ‘Ich bin der Doktor Eisenbart’ fait fureur dans toute l’Allemagne. 

Marleen me signale que son grand-père lui chantait le doctor Eisenbart, sa renommée a franchi les frontières!

À midi, le carillon de l’hôtel de ville sonne la chanson lorsqu’un cortège de personnages illustrant le docteur au travail, sortent de deux fenêtres de la façade du bâtiment.

À 30 km à l’ouest de Leipzig, où nous attend l’exposition de Carolein Smit dans le musée Grassi, nous faisons une halte à Merseburg pour y passer la nuit et préalablement visiter le Dom et le château.

Mon prochain billet sera consacré à notre visite de Leipzig. 

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18 – 34 – Eindhoven, Ahlen et Paderborn

Nous allons à Leipzig voir une exposition des œuvres de Carolein Smit au musée Grassi. En route, nous faisons une halte chez sa sœur, Marjan Smit. Les deux femmes sont des artistes, la première réalise des sculptures en céramique, la seconde des objets en verre coulé et des dessins à la plume sèche.

Ouvrez les liens suivants pour faire leur connaissance:

www.marjansmit.nl

www.caroleinsmit.com

Marjan et son mari Will habitent une ferme rénovée au nord de la ville de Eindoven. Extérieurement, l’habitation a gardé l’aspect qu’elle avait lors de sa construction, vers 1730.

Nous avons fait la connaissance de nos amis il y a plusieurs années lors d’un amarrage sur le canal de la Marne au Rhin. Depuis, il nous arrive de naviguer ensemble et régulièrement, lors d’un passage en Hollande, nous profitons de leur hospitalité.

C’est le cas en cette fin de saison.

Comme je l’ai mentionné dans mon billet précédent, nous avons profité de notre séjour à Eindhoven pour aller au Noordbrabants Museum à ‘s Hertogenbosch voir l’exposition consacrée à  Kamagurka. Le caricaturiste Belge est principalement renommé pour ses dessins sarcastiques et absurdes. Ils sont publiés dans la revue Humo. L’exposition s’intitule Kamagusrkistan, le sous-titre est ‘La frontière du sérieux’. Marleen aime beaucoup. 

Le musée nous fait également connaître l’artiste contemporain Manish Nai. Étoile montante de l’art abstrait, Manish Nai fabrique des objets à l’aide de déchets divers, tel que sacs de jute, cartons et des déchets de tissus multicolores des saris.

On ne quitte pas la ville sans avoir dégusté chez Jan de Groot, un café avec une « Bossche bol ». C’est un mega chou à la crème chantilly, enrobé de chocolat noir. 

Sur une carte Michelin j’ai relié d’un trait de crayon, Eindhoven à Leipzig. Ensuite je repère les musées qui se trouvent le long de ce trait, à une distance de maximum 3 heures de route entre chaque halte. Notre roulotte, sur les voies secondaires, couvre ainsi entre 100 et 150 km. 

Mon Garmin est programmé pour éviter les autoroutes. 

À Ahlen, en octobre 1993, Theodor F. Leitfeld, un riche collectionneur consolida sa collection d’art et sa villa pour créer un musée. Au fil des ans la fondation qui gère le patrimoine fit adjoindre une aile moderne à la villa classée au patrimoine historique. Le musée organise chaque année, 4 expositions ou l’art contemporain alterne avec des œuvres plus classiques.

Jusque fin septembre on peut admirer les créations d’Ines Braun et Iris Stephan. Pour chaque salle, les deux artistes ont sélectionné un tableau de la réserve du musée et elles ont ensuite laissé libre chemin à leur imagination pour créer des objets, des dessins et des peintures ayant un rapport au tableau choisi. C’est de l’art contemporain comme on l’aime.

Sur le même trait de crayon, à Paderborn, se trouve le Heinrich-Nixdorf MuseumForum dont l’ambition est de retracer l’histoire des technique d’information et de communication depuis la Mésopotamie il y a 5000 ans, jusqu’à mon iPhone aujourd’hui. Selon leur dire, le plus grand musée d’informatique au monde. 

Nous y passons une bonne demi journée et on profite du restaurant pour manger des émincés de porc au champignons avec des Spätzle pour moi et un gratin de pommes de terre pour Marleen.

Le musée possède une riche collection d’objets qui retrace l’histoire de l’écriture, des hiéroglyphes au machines à écrire mécaniques, au traitement de texte. Les chiffres et la digitalisation, les noeuds dans les ficelles de Mayas, Ada Lovelace et Babbage, Alan Turing, Bill Gates et Steve Jobs, et Petra le robot qui guide et répond aux questions des visiteurs et qui joue à cache cache avec les enfants.

Le tout est richement documenté et le tracé fléché est intelligent.

C’était la semaine dernière, depuis lors on a continué à suivre le trait de crayon vers l’Est, à l’heure où j’écris ce billet nous somme à 33 km de Leipzig.

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Eindhoven – 18 – 33 – la France et l’Allemagne

En 1942, l’ingénieur Donald Bailey, féru de modèles réduits, présenta à l’armée anglaise un prototype de pont mobile. Le modèle fut accepté et utilisé intensément pendant la deuxième guerre mondiale. Il avait l’avantage d’être constitué d’éléments en métal et bois, suffisamment légers pour être transportés par camion. L’assemblage pouvait se faire à la main, sans outils spéciaux et sans l’usage d’une grue.  

Après la guerre, des éléments de pont Bailey servirent de poutres de soutènement pour la reconstruction de la toiture de la gare de Eindhoven. Le toit tient toujours.

J’adore ce genre d’informations triviales.

C’est ici que nous prenons un train pour ‘s Hertogenbosch. Les rames sont neuves et propres. Entre chaque siège se trouvent 2 prises USB et une prise 220V pour recharger les gadgets mobiles. Le wifi est présent dans le train. C’est aussi le cas dans le bus qui nous a conduit de la maison de Marjan et Will vers la gare. Cette facilité est trop coûteuse et ne sera pas installée dans les trains belges, selon les affirmations de Sophie Dutordoir, la patronne de la SNCB.

À ce propos, je m’étonne toujours de la différence d’aspect et de fonctionnement qu’il y a entre la France, voir la Belgique et l’Allemagne, voir la Hollande. 

À l’heure où j’écris ce billet, nous sommes en Allemagne.

On adore le pays de Voltaire, l’intelligence et l’esprit vif, la culture, les andouillettes, les falaises bretonnes, les châteaux, l’inventivité des ingénieurs, le vin, le petit café pris au bar des brasseries parisiennes.

Ma liste n’est pas terminée, elle est longue.

Par contre, on déplore les villages à moitié abandonnés, où le dernier boulanger a fermé sa porte et éteint la lumière depuis bien longtemps. 

On enrage, puis on finit par accepter que les « systèmes » ne fonctionnent qu’à moitié ou pas du tout. 

Un exemple, la traversée du tunnel de Mauvages sur le canal de Saint-Quentin. Nos amis Marjan et Will ont attendu une demi journée, le bon vouloir des 4 passeurs présents devant l’ouvrage, alors que les indications dans les guides et sur le trajet signalaient que le premier toueur partait à 07:30 du matin. 

« Non, nous c’est à 13:00 qu’on y va » répond l’un d’eux, et il prend une bouffée de sa cigarette et une gorgée de son café, ses copains rigolent.

On regrette que le fournisseur déclare qu’il faut deux mois pour obtenir une banale pièce détachée. Alors, par téléphone, on passe la commande au Pays-Bas et deux jours plus tard elle est livrée.  

On déplore la saleté des rues de Paris, des métros et des RER. 

On râle quand on casse un amortisseur dans le pied de poule d’une route secondaire. 

On déprime à la traversée d’une ville de province déserte. 

Ma liste n’est pas terminée, elle est longue.

Comment expliquer, qu’en Allemagne, une fois franchie la ligne fictive qu’est la frontière, le monde est soudainement différent. Les routes sont en bon état, les petites villes et les villages vous sourient. Les maisons sont propres, le moindre hameau a des commerces ouverts et les « systèmes » fonctionnent. Par exemple, ce matin, nous avons franchi la rivière Weser avec un bac qui peut transporter deux voitures. Il était 12:20, sur la porte de la cabine de pilotage, un panneau annonçait que le passeur est absent et prend son lunch de 12:00 à 12:30. 

À 12:27, le préposé se pointe, nous dit gentiment bonjour et nous aide à embarquer notre véhicule sur son bateau. Cinq minutes plus tard, nous sommes sur la rive droite. 

Nulles traces de bouteilles en plastique ni de canette vides dans les rigoles des rues. 

Bien entendu, depuis des années, les vidanges sont consignées. Cela semble insurmontable à réaliser en France, même chose en Belgique où le sujet est sur l’agenda des politiciens depuis de années mais la réalisation se fait attendre pour des raisons qui me dépassent.

J’arrête ici ma complainte.

Comment expliquer cette différence? Voici deux grands pays limitrophes, peuplés de gens intelligents et cultivés, riches en histoire. Leurs industries et leurs activités commerciales sont différentes mais elle tournent. Alors pourquoi voit-on à l’ouest du Rhin « l’à peu près » et « le pas très soigné » et à l’est du fleuve, « la rigueur et la propreté »?

Dans mon prochain billet je vous raconterai que nous avons vu deux expositions au « Brabants Museum » à ‘s Hertogenbosch, la première consacrée à Kamagurka et la seconde à Manish Nai.

En Allemagne on a découvert à Ahlen, un remarquable Kunstmuseum et à Paderborn on a visité le Heinz-Nixdorf Computer Forum, le plus grand musée d’informatique au monde, selon la brochure.  

Pour le moment on se repose dans la nature, au bord de la Weser. Les musées sont fermés le lundi.

 

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Gand 18 – 32 – Spilliaert et la brocante de Charles Quint

Lorsque vous franchissez la ‘Donkere Poort’, le portail qui sépare le Prinsenhof du parc qui longe la Lieve et donne une vue sur le Rabot, vous découvrez à votre gauche, des bâtiments en brique rouge, flanqués d’une cheminée rectangulaire. C’est une ancienne usine textile qui date du 19-ième siècle et qui aujourd’hui héberge ‘Vizit’, une organisation d’évènements touristiques.

Le bar à l’entrée sert un café à peine buvable, mais la dame derrière le comptoir est aimable.

Ce dimanche nous chinons dans la brocante du quartier du Prinsenhof. Charles Quint y vit le jour en l’an 1500. En 1540, le bougre punit les Gantois de leur volonté d’indépendance en obligeant les notables de faire acte de contrition, pieds nus, vêtus d’une chemise blanche et portant au cou, une corde de pendu.

Pour tenir la ville en main, il fit construire le Spanjaardenkasteel, (Château Espagnol aujourd’hui démoli). Une garnison de mercenaires espagnols maintint sur la ville une main de fer.

Depuis lors, le symbole de la fierté de Gand est une corde de pendu, noire et blanche, au couleurs de la ville. Elle est arborée par de nombreux citoyens pendant les fêtes de Gand. C’est aussi pendant les fêtes en juillet qu’un cortège de notables en chemises blanches parcours les rues de la vieille cité. Les Gantois sont des ‘stroppendragers’, ‘porteurs de noeud coulant’.

C’est un mélange de brocante et de vide-greniers. Les prix sont en conséquence, les particuliers souhaitent se débarrasser de leurs objets inutilisés, en se faisant au passage un peu de monnaie. Les brocanteurs professionnels en font un métier, ils se prennent parfois pour des antiquaires.

En tant que chineurs routinés, nous connaissons la différence. 

Notre plaisir est dans la découverte et dans la discussion du marchandage.  

Léon Spilliaert est à l’honneur dans les salles d’exposition des Galeries Vénitiennes à Oostende. À l’entrée, nous saluons le Roi Baudouin. Il arbore un sourire aussi mélancolique que le peintre Ostendais. 

Le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Royale de Belgique donne en prêt 131 œuvres sur papier pour une exposition de dessins, aquarelles et gouaches. 

Ce sont des œuvres jamais exposées, que Rachel Vergison, la veuve de l’artiste, a vendu à la Bibliothèque Royale dans les années 50.

Nous nous apprêtons à repartir vers le nord par les routes, pas par les voies d’eau.

La première étape sera Eindhoven, à lire sur mon prochain billet.

Ci-après, deux chats, plume et pastel

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Gand 18 – 31 SMAK et MSK, Brocante et Église Orthodoxe

Au 39 de la Tour-Maubourg, à Paris dans le 7e, à la Fondation portugaise Calouste Gulbenkian, nous avons admiré il y a plusieurs semaines déjà, un tube de néon vert, planté dans un bac de sable. J’ai oublié le nom de l’artiste. Ce matin à la SMAK, le Musée Gantois d’Art Contemporain, un artiste belge, Léo Copers, nous offre deux tubes néon plantés dans le sable d’un aquarium à moitié rempli d’eau. C’est déjà plus sophistiqué.

Dans une autre salle, le souffle d’un ventilateur mobile donne du mouvement à une série de papiers blancs attachés au mur qui lui fait face.

À l’étage, nous croisons deux dames qui poussent une planche à roulettes sur laquelle se trouve un bidon en plastique rempli d’eau et une petite pompe à main. 

Je leur demande si elles sont une œuvre d’art mobile? En quelque sorte oui, me fait l’une d’elle, notre rôle est de mettre tous les matins, un fil d’eau sur des dalles en céramique. En journée l’eau s’évapore et l’effet change au fil des heures. La photo ci-dessus illustre l’action.

Plus loin, une chaufferette parabolique en aluminium, sèche un essuie-main pendu sur un sèche-linge, le dessous trempe dans de l’eau.

L’art contemporain continue à nous rendre perplexe. Malheureusement, Jan Hoet, le cousin de Marleen, le pape de cet forme d’art et le créateur du musée, n’est plus là pour nous éclairer.

Aussi, nous quittons le SMAK, traversons la Familie Van Rysselberghedreef et pénétrons dans le MSK, le Musée des Beaux-Arts. 

Il faut savoir que les Gantois peuvent chaque dimanche matin, accéder gratuitement aux musées de leur ville. Lorsque nous sommes à Gand, nous profitons toujours de cette facilité.

L’exposition intitulée ‘Sur Papier’ montre des œuvres de Gantois ou d’artistes y ayant vécus, sur le thème de la ville. On retrouve en autre, Jules De Bruycker, Jos Verdegem, Gustave De Smet, Fritz Van Den Berghe, George Minne, Jules van Biesbroeck. 

Dessins, aquarelles, gouaches, pastels. 

Venez voir les trésors de la collection du MSK.

La semaine n’aurait pas été complète sans deux brocantes. Marleen complète sa collection de vaches à lait et elle trouve un serein Bouddha en bois à celle du béguinage St.-Elisabeth.

Dans la Sophie Van Akenstraat on découvre l’église Orthodoxe dont on ignorait l’existence. Un jeune homme veille. On bavarde, il est Serbe et il fait un doctorat en chimie à l’université de Gand. Il se dit heureux d’avoir découvert une église de sa foi. Il nous indique une exposition d’icônes dans une salle adjacente. C’est pas trop notre tasse de thé, mais on en trouve un que nous aimons, voir ci-dessous.

 

 

 

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