19 – 02 Raoul Servais, Käthe Kollwitz et Stefan Balkenhol

Pour faire le lien avec mon précédent billet, chez Alijn, j’étais intrigué et je ne réussissais pas à localiser un pont levis, vu sur une photo avec une publicité des cigarettes Saint-Michel. 

La coïncidence veut que quelques jours plus tard, An H., publie sur FB une ancienne vue de la ‘Dampoort’. On peut y voir le pont levis en question. 

D’où l’utilité de Facebook, merci An.

Nous passons quelques jours sur la côte, voici en bref nos explorations, commentaires et photos.

Lors d’une interview en 2008, Raoul Servais déclare: »Cinquante ans après l’invention de film d’animation, j’ai exploré moi-même le mystère du dessin animé. C’était agréable de découvrir quelque chose qui existait déjà, mais j’ai perdu beaucoup de temps à chercher. »

Le MuZee  à Ostende a ouvert une aile permanente dédiée à Raoul Servais, dessinateur, peintre, graphiste et animateur. On peut y voir en autre, un programme varié de court métrages en bloc d’environ 30 minutes.

 Koekelare, un village Ouest-Flamand, situé à l’intérieur du pays, à une vingtaine de kilomètres d’Ostende, a rénové dans une ancienne brasserie, son musée dédié à Käthe Kollwitz. 

Le fils Peter de cette artiste Allemande fut tué pas loin d’ici, au début de la premier guerre mondiale, à l’endroit où l’avancée de l’armée du Kayser fut stoppée par les armées Alliés sur le front de l’Yser.

Le jeune homme avait 18 ans. Pendant toute sa vie, Käthe Kollwitz consacre son talent artistique, peinture, graphismes et sculptures à des causes sociales et à un plaidoyer permanente pour la paix dans le monde. Elle meurt le 22 avril 1945, quelques jours avant la fin de la deuxième guerre mondiale. Après la première guerre elle réalise un cycle « La guerre, le prolétariat, la mort et la famine ». Au cimetière militaire allemand de Vladslo on peut voir deux sculptures la représentant avec son mari en train de pleurer sur la tombe de leur fils. 

Le musée de Koekelare retrace également l’histoire des ‘Fransmans’. Ces travailleurs saisonniers belges, essentiellement des Ouest-Flamands mais aussi des hommes et des femmes en provenance du Hainaut partaient pour plusieurs mois dans le nord de la France pour récolter les betteraves  sucrières. Cette transhumance pris fin au début des années 60, les ‘Fransmans’ furent remplacés par des machines agricoles qui en une journée font le travail de 15 ouvriers pendant 3 jours.

À l’autre bout de notre côte, dans le centre culturel Scharpoort, à Knokke-Heist se terminait hier, le 13 janvier 2019, l’exposition d’œuvres de Stefan Balkenhol.

L’artiste allemand sculpte des représentations d’êtres humain et d’animaux à partir de bûche de bois d’abachi.  C’est un arbre africain qui pousse rapidement et dont le bois clair est tendre et se prête bien à la sculpture. Stefan Balkenhol taille ses figures à la tronçonneuse électrique et ensuite à coup de ciseaux, à partir d’un seul bloc de bois. Il laisse apparente les traces de ses outils et il finalise ses œuvres avec de la peinture. Dans le documentaire projeté au rez-de-chaussée du centre culturel, l’artiste explique qu’il travaille généralement sur plusieurs figures à la fois et qu’il en réalise 150 par ans. 

Les œuvres exposées ici proviennent essentiellement de collections privées.

Vendredi prochain je vais au salon de l’auto. J’essayerai de prendre des photos des plus belles hôtesses. 

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19 – 01 – Rainbow vs. Endeavour et le tabac dans la Huis van Alijn

A photograph from the Edwin Levick Collection showing the Rainbow and Endeavour I fighting for the lead during the 32nd America’s Cup in 1934. In this photo, the Endeavour I has a slight lead over the Rainbow.

Le samedi 15 septembre 1934, dans la baie de Newport, dans le Massachusetts aux États Unis, le yacht Britannique Endeavour, avec à sa barre Sir Thomas Sopwith, coiffe à la ligne d’arrivée, de 2 minutes 09 secondes, le yacht Rainbow du New York Yacht Club, barré par Harold S. Vanderbilt.

L’America’s Cup se joue en sept manche, le gagnant est le yacht qui en remporte quatre. 

Endeavour gagne les trois premières courses et Rainbow gagne les trois suivantes. 

La dernière manche met les nerfs des marins et des spectateurs à vif et c’est avec 55 secondes d’avance que Rainbow bat Endeavour et remporte ainsi la coupe America pour le Yacht Club de New York.

À Ostende, en passant devant Delamont Creations, un magasin situé au croisement de la Koningsstraat et la Kemmelberstraat, je vois du coin de l’œil dans la vitrine, la maquette d’un sloop gréé. Je pousse la porte et je demande à voir l’objet. La dame du magasin, une ostendaise sympathique, bavarde et gentille, m’explique qu’elle vient à l’instant de mettre la maquette en vente. « Je l’ai reçu d’un client qui m’a dit que c’était un bateau célèbre, qui a gagné des courses.

C’est la Nouvel An, je vous le laisse pour une modique somme. » On bavarde encore un bon moment et fier comme Artaban, je rentre chez moi, le yacht enveloppé dans un grand sac en plastique que la dame du magasin m’a fourni, car il pleut un peu et ce serait dommage de l’abîmer, précise-t-elle.

Le support du bateau comporte une plaquette en laiton, sur laquelle on peut lire, ‘RAINBOW 1934’.

Les Dunhill rouges sont les cigarettes un peu snob que je fumais il y a une trentaine d’années. J’ai écrasé la dernière dans le cendrier en cristal qui trônait sur mon bureau, au premier étage du 201 Bd. de la Deuxième Armée Britannique à Forest, un vendredi soir avant de rentrer chez moi.  

Pendant mes études je fumais des Saint-Michel vertes. Par la suite, à l’instar de mon père, qui entre deux cigarillos, fumait la pipe, j’embaumais les locaux du laboratoire de l’université où j’étais assistant professeur, de la doucereuse odeur du tabac Clan. 

Plus tard, lorsque je travaillais à Paris, comme consultant au bureau d’études André Vidal et Associés, j’alternais les gauloises bleues et les gitanes, sans filtres. 

Voici, au travers de ma tabagie, une tranche de ma vie.

Het Huis van Alijn, (la maison d’Alijn) est installé dans la seule Maison-Dieu de Gand, datant de 1363. L’hôpital pour enfants est devenu un musée consacré à l’art, aux traditions populaires et à l’artisanat de la Flandre. On peut y voir des reconstituons de boutiques, d’intérieurs particuliers et d’ateliers des années 1900.

Une exposition temporaire intitulée ‘Rook’ (fumée) retrace l’histoire du tabac de Christophe Colomb à nos jours. 

De salle en salle on va des vertus médicinales de la nicotine au 16e siècle à la campagne nationale Belge qui ambitionne que tous les enfants nés en 2019 ne fumeront jamais. 

Le parcours est agrémenté d’objets divers, pipes, paquets de cigarettes, blagues à tabac, publicités, clubs de fumeurs de pipe avec leurs concours annuels pour élire le champion qui gardera allumé le plus longtemps possible les 3 grammes de tabac que le maître des cérémonies distribue aux participants, en début de la compétition. Des photos montrent ce qu’on avait oublié, mais que nous avons connu, les réunions de familles où tout le monde, sauf les nourrisson, ont la cigarette au lèvres ou le cigare en main.

Quelques faits pris au hasard:

  • En 1929, le médecin Allemand Fritz Lickint fait le lien entre le cancer du poumon et l’usage du tabac. 
  • Dans les années 70, quarante ans plus tard, au sommet de sa gloire, Eddy Merckx fait de la publicité pour la cigarette R6, pauvre en goudron et en nicotine, mais avec beaucoup de goût. 
  • En 2017, près d’un siècle après la découverte du Dr. Fritz Lickint, Philip Morris reconnaît publiquement que la cigarette nuit à la santé.
  • Aujourd’hui en 2019, 1 Belge sur 5 fume toujours, ainsi qu’ 1/7e de la population mondiale, soit 1,1 milliard d’habitants.

Fumeurs ou non fumeurs, je vous remercie de lire mes billets et je vous souhaite une bonne santé, un bonne année nouvelle, qu’elle soit pleine de joie et de découvertes. Sachez qu’il y a un lien de causalité directe entre la curiosité et la longévité.

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18-49- Pass Musée, Mercator, Adriaan Brouwer, ex-Libris et la fibre de carbone

Frislant est une île de l’Atlantique, située sous l’Islande au sud-est du Groenland.

Peuplée d’un million d’habitants, elle figure sur les cartes de Antonio et Nicolo Zeno datant de 1558 et sur les cartes de Gerardus Mercator de 1560. On la retrouve encore en 1693 sur une carte de Vincenzo Coronelli. Ce n’est que vers la fin du 18ème siècle que l’île disparaît des mappemondes, engloutie dans l’océan. La légende veut que ses habitants l’abandonnèrent avant sa disparition pour aller s’installer en Frise, au nord des Pays-Bas. 

C’est en scrutant les cartes exposées dans les salles du musée Mercator à Saint-Nicolas, que je découvre l’existence de cette île fantomatique. Il m’est permis en rêver que la légende soit vraie.

L’exposition temporaire est consacrée à la cartographie Flamande et Hollandaise de 1500 à 1700, l’époque de gloire de la VOC et l’âge d’or qui en découla.

Notre pays vient d’émettre pour la modeste somme de 50€, une carte baptisée ‘Pass Musée’ qui donne l’accès gratuit à 120 musées et à un grand nombre de galeries d’art. 

Sachez que nos voisins du nord disposent du même système depuis une quarantaine d’années. La carte Hollandaise ouvre les portes de plus de 420 établissements d’art.

Mon deuxième rêve du jour est que la France crée la même facilité.

Notre nouvelle carte en main, nous nous sommes empressés de prendre note des endroits à visiter et nous avons pris le train pour Saint-Nicolas. L’ironie veut que les deux musées de cette ville n’acceptent pas (encore?) notre Pass Musée.

Mais nous voulons voir l’exposition temporaire de la cartographie mondiale au musée Mercator. 

Dans le musée adjacent, les ex-libris nous attirent.

Comme je l’ai mentionné dans mon billet il y a quelques semaines, à Frederickshavn, au nord du Danemark, nous avons découvert un musée entièrement dédié aux ex-libris. Cette forme d’art est une niche parmi tous ce que le monde artistique offre à l’heure actuelle. Il est difficile d’en faire le compte mais à première vue, il y a par le monde moins d’une centaine de musées et bibliothèques qui se spécialisent et qui rassemblent cette forme d’art.  

Le ‘Internationaal Exlibriscentrum’ à Saint-Nicolas en est un.

Il n’est ouvert au public qu’à la demande et je prend rendez-vous la veille de notre visite.

La responsable nous accueille à bras ouvert et nous consacre plus d’une heure pour nous montrer une sélection des centaines de milliers d’images que le centre possède et pour nous expliquer les différentes techniques l’utilisées par les artistes. Elle nous informe qu’elle prépare à l’heure actuelle la 22e edition d’un concours international qui aura lieu au printemps 2019 prochain.

Voir ci-après https://musea.sint-niklaas.be/exlibris

À Audenarde, c’est la dernière semaine de l’exposition temporaire d’Adriaan Brouwer. Le curateur a réuni des tableaux venus de musées et de collections privées du monde entier. 

Contemporain de Rembrandt et Teniers, Adrian Brouwer compte parmi les grands peintres des provinces du Nord. 

L’artiste turbulent peint la vie courante de son époque dont il brosse un tableau réaliste et plein d’humour.

En admirant ses œuvres on regrette que l’artiste, enfant de la ville d’Audenarde, soit mort à 33 ans. 

Avant de quitter le musée, on profite de l’occasion pour admirer une nouvelle fois, dans d’autres salles, les tapisseries d’Audenarde. Les verdures sont nos préférées. 

À Gand, nous avons l’habitude de visiter nos musées gratuitement le dimanche matin. C’est un des privilèges offert par la mairie aux habitants de la ville.

Avec notre Pass Musée, nous pouvons y aller quand on veut. Lors d’une ballade au centre de la ville, nous poussons la porte du musée du Design situé rue Jan Breydel dans l’ancien hôtel de maître de la famille De Coninck. 

L’exposition temporaire est consacrée à des objets en matériaux composites. La présentation donne un aperçu de ce l’on peut réaliser en combinant des fibres à des matières plastiques.

Il s’agit tant de prototypes que d’objets d’usage courant, que l’on retrouve dans les domaines les plus inattendus. Scooter électriques, carrosserie d’auto, pales d’éoliennes, vêtements renforcés, prothèses chirurgicales, violons, chaises, j’en passe. L’accent est mis sur l’usage de produits bio, tel que le chanvre et sur la possibilité de recycler les objets en fin de cycle de vie. 

 

  

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18 – 48 – Budapest, les musées, le zoo et le dentiste

La galerie Kieselbach est située Szent István körút 5, à 1055 Budapest, en face de l’arrêt des tramways 4 et 6. C’est une maison de vente de tableaux dont la qualité des produits offerts vaut un bon musée. 

La prochaine vente a lieu le 17 décembre à l’hôtel Marriott, voici le catalogue: 

http://www.kieselbach.hu/media/upload/auction_catalog/129/5c010139105d9.pdf

En face, au numéro 3, l’antiquaire qui fait l’autre coin de la rue Falk Miksa ùt et Szent István, mérite également une visite. 

Dans la foulée, pour regagner le centre de Pest, prenez la Falk Miksa ùt, pour vous régaler des objets et tableaux présentés par les antiquaires et les galeries d’art de la rue. 

C’est en flânant que nous avons découvert Kieselbach. Je me suis mis sur leur liste de vente et depuis lors, nous allons sur place et à défaut, j’admire leur catalogue sur la toile.

Les tramways 4 et 6 traversent le Danube par le pont Margit et vous conduisent à la place Széll Kálmán où vous attend le bus 16 qui vous mène au château sur le haut de Buda. 

La Galerie Nationale, le musée situé dans l’enceinte du château, offre une exposition intitulée ‘Bacon, Freud, and the painting school of London’. On connaît les grands noms et on reconnaît leurs œuvres. Mais comme toujours, et c’est la beauté de l’aventure, on découvre Dorothy Mead, une artiste que nous ne connaissons pas. Voir ‘reclining figure’ ci-dessous.

Mead, Dorothy; Reclining Figure; A David Bomberg Legacy – The Sarah Rose Collection at London South Bank University, Borough Road; http://www.artuk.org/artworks/reclining-figure-218196

Plus au nord, également à Buda, se trouve le musée Vasarely. Partant de Kieselbach, empruntez le bus 26, l’arrêt est en face de la galerie. Il prend le pont Margit, traverse la moitié du Danube et au milieu, il bifurque à droite et traverse en longueur toute l’île Margit. 

L’île doit son nom à Sainte Marguerite, fille de Béla IV, roi de Hongrie. Au 13e siècle, elle pris le voile dans le couvent des dominicains qui existait à cet endroit. Son père fit le vœux qu’il l’enverrait dans le couvent si Dieu lui permettait de reconstruire son pays après le passage dévastateur des Mongols. Son appel fut entendu, les Mongols rentrèrent chez eux, le pays fut reconstruit et la gamine, âgée de 11 ans, termina sa vie en prière. 

Aujourd’hui c’est un parc à vocation sportive, l’accès routier est réservé aux autobus et aux taxis. 

Parmi les ruines des abbayes, on y trouve l’hôtel fin de siècle, ´Grand Hotel Margitsziget,´ et l’hôtel thermal moderne ‘Thermal Hotel Margitsziget’.

Au nord de l’île, quittez le bus 26 au pont Árpád et montez sur le tramway # 1 qui vous déposera sur la rive droite du Danube en face de l’entrée du musée Vasarely.

Retour à Pest. Après trois ans de rénovations, le musée des Beaux-Arts expose le petit bronze qu’il possède et qui est attribué à Léonard de Vinci. La statuette trône au centre d’une salle en demi-cercle. Le long des murs on peut admirer des dessins et des esquisses du maître.

Le musée, un imposant bâtiment néo-classique fut construit au début du siècle dernier. Il est situé au nord-ouest de la Place des Héros à la halte Hösök tere du métro #1. 

Lorsque vous visiterez Budapest, n’oubliez pas de mettre sur votre liste des choses à faire, un trajet dans le premier métro de la ville.

Construit par Siemens et Haske en moins de deux ans, le ´Kisföldalatti’ (Petit Métro) fut inauguré par l’empereur Austro-Hongrois François-Josef le 3 mai 1896. L’utiliser, c’est revenir cent ans en arrière. 

Le musée des Beaux-Arts mérite une visite, non seulement pour les œuvres exposées, ainsi que pour la collection d’objets égyptiens et romains du sous-sol, mais également pour la décoration interne des salles d’exposition, des cages d’escalier et des vastes atriums.

Dans le même secteur, à 200 m du musée des Beaux-Arts, au nord de ‘Városliget’, le ‘Bois-de-Ville’, se trouve le zoo. Les animaux en cage, ça me fout le cafard, mais le guide Hachette insiste pour que nous allions voir leurs ‘prisons’ historiques, construites à partir du milieu du 19e siècle jusqu’à nos jours par des architectes renommés. Voir  http://www.zoobudapest.com/en/the-tradition-behind-the-ambition/meet-the-past/old-and-prestigious-buildings

Je clôture ce billet en répondant à la question que Gérard posait la semaine dernière.

En deux mots, c’est le ‘tourisme dentaire’ qui nous a conduit à Budapest.

Kreativ Dental est la meilleure clinique dentaire d’Europe, voir https://kreativdentalclinic.eu/fr/L’accueil à l’aéroport, le transfert vers l’hôtel, la réservation de la chambre, le programme préétabli des soins dans la clinique, le traducteur disponible pendant les traitements, les soins prodigués par des dentistes compétents, tout est réglé comme du papier à musique. 

En prime, comme vous avez pu le lire précédemment, la ville mérite son qualificatif de ‘Paris de l’Est’.

Chez nous, le ‘Pass Musée’ nous incite plus encore que par le passé à découvrir les richesses culturelles de notre pays. Ce sera pour mes prochains billets.

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18 – 47 – Budapest, l’archange Gabriel et les marchés de Noël

Le 20 juillet 2014, dans la pénombre de la nuit tombante, le monument est érigé en toute discrétion, au sud du Park de la Liberté. L’archange Gabriel symbolise l’innocence de la Hongrie. L’aigle plongeant, les ailes déployées et les griffes acérées, représente l’Allemagne Nazie, prête à frapper.

Viktor Orban réécrit l’histoire. 

Il faut se souvenir que la Hongrie fut en 1920, le premier pays à passer une loi anti-sémitique, privant les juifs de la plupart de leurs droits. 

Que la Hongrie fut le premier pays à s’allier à l’Allemagne Nazie en 1940. 

Qu’à Novi Sad pendant l’hiver 1942-1943, gendarmes et soldats exterminèrent des milliers de juifs civils. 

Qu’en 1944 les troupes allemandes furent accueillies à Budapest par des fleurs. 

Enfin, que c’est avec enthousiasme que pendant toute la guerre, l’administration du pays organisa les déportations vers les camps d’exterminations.

Aussi, les réactions à l’installation du monument sont violentes. En témoignent les valises, les photos des personnes disparues, les textes et les récits du passé sanglant que des citoyens outragés ont planté le long du trottoir en face des figures de bronze de l’ange et de aigle.

La Hongrie fait partie de l’Europe. Avec Viktor Orban, le pays a viré à droite. Les journaux Belges nous ont appris que les immigrés sont restés aux frontières. On n’a pas vu le camion avec les affiches de Guy Verhofstadt mais on a lu qu’il circule dans les rues de Bruxelles. 

C’est notre cinquième séjour à Budapest depuis décembre 2016. Nous sommes conscients des réalités politiques du pays mais en touristes nous avons une perception positive du pays et de ses habitants. Nous explorons une ville ouverte, agréable et où tout fonctionne. Ce n’est pas Singapore mais les rues et les transports en commun sont plus propres qu’à Bruxelles, voir à Paris. Les quatre lignes de métro et l’enchevêtrement des bus bleus, des trolleybus rouges et des tramways jaunes en site propre, couvrent la cité jusqu’à moindre recoin. 

En explorateurs urbains chevronnés, pour déterminer nos itinéraires, nos outils sont un plan de la ville et l’incontournable Google Map de l’iPhone. Pour aller rapidement de A à B, on prend le métro. Pour voir, on favorise les bus et les trams, un ‘Hop-on, Hop-off’ gratuit.

Budapest soigne les vieux et au delà de 65 ans, les transports publics sont gratuits. Au delà de 70 ans, les musées le sont également. On s’en donne à cœur joie.

L’architecture témoigne de la richesse du passé de l’empire austro hongrois. Bien évidemment, à l’exception, entre autre, de celles occupées par les ambassades, beaucoup d’immeubles et d’hôtels particuliers anciens semblent abandonnées et/ou sont couverts de poussière. Il faut plus de trente ans de démocratie pour effacer cinquante ans de communisme.  

Notre handicap est la méconnaissance de la langue mais l’anglais international permet de survivre sans aucune difficulté.

La ville compte 7 ‘temples du shopping’ modernes où toutes les marques internationales sont présentes. Le plus gigantesque est le Westend. On y trouve 400 boutiques, 40 cafés-restaurants et 14 salles de cinéma. 

Nous évitons les restaurants à touristes et pour nos repas, nous avons repéré les endroits où se sustentent les autochtones. Par exemple, la cantine du marché de Lehel Csarnok et Ancsa, au 60 Ülloï ùt, offrent un excellent plat de choux farci ou une traditionnelle goulasch pour 3€ par personne. 

Noël a fait sont entrée à Budapest et les marchés attirent du monde. Le plus beau est celui du  parvis de la Basilique Szent István. Le plus alimentaire celui de Deak Forenz tér. Nous laissons de côté les bricoles mais on craque pour les Flodnis de Raj Ráchel. C’est un gâteau traditionnel hongrois d’origine juive. Voir la photo ci-dessous pour sa composition.

Nous alternons les visites de musées avec les promenades en ville et les marchés. 

Le podomètre de mon iPhone indique que nous marchons entre 10 et 14 km par jour. 

Mon prochain billet sera dédié à la culture. 

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18 – 46 – Gand, le STAM et le musée Dr.Guislain

C’est à Potsdam, le 16 août 2010 que j’ai publié mon premier billet sur le blog ‘Le Chat Lune est un Linssen en Voyage’.

Huit ans et 578 billets plus tard, je publie le présent document. 

Mon idée au départ était de documenter nos pérégrinations avec textes et photos. Accessoirement de les rendre public. 

Au fil des ans, j’ai retenu l’attention de quelques centaines de lecteurs. Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à mes publications. Sachez c’est grâce à vous que je surmonte ma flemme, lorsque mon envie d’écrire et mon imagination viennent à me faire défaut. 

Pour garder une trace tangible de mon blog, je le fait imprimer et relier deux fois par an, environ.

Ma bibliothèque contient 19 livres avec textes et photos. Ils sont plus faciles à consulter que les pages électroniques. 

Pour les blogueurs d’entre-vous qui auraient envie de faire imprimer leurs billets, voici comment je procède actuellement.

Le site ‘BlogBooker’ me crée un ‘PDF’ des billets que je souhaite faire imprimer. L’usage est gratuit mais il coûte 30$ par an pour avoir les photos en haute définition, ce que je recommande.

Pour éditer le PDF, je lance l’application ‘Smallpdf’. Cette dernière est gratuite pour des 

manipulations simples, tel que la consolidation de 2 PDF et l’élimination des pages que l’on ne souhaite pas voir imprimées.

Troisièmement, j’envoie le résultat à ‘drukland.be‘ qui se charge de l’impression. La qualité est excellente et les prix sont compétitifs comparés aux tarifs des ‘printshops’ que l’on trouve en ville.

La Belgique a découvert le ‘Pass Musée’. À l’instar de la Hollande où il existe depuis 37 ans, nous avons depuis peu, pour la modique somme de 50€ annuellement, un accès à 120 musées, en Flandre et en Wallonie. Une aubaine pour des aficionados comme nous. 

Nous l’inaugurons au STAM, le musée de la ville de Gand.

La police judiciaire de la ville conserve depuis 1930 une collection de photos, d’objets et de dossiers relatant l’histoire d’un grand nombre de crimes. 

On peut s’instruire sur le faux-monnayage, la violence conjugale se terminant par un meurtre, l’empoisonnement, le perçage de coffres-forts, les photos robots, les empreintes digitales, les pickpocket, les stupéfiants, la contrefaçon, les jeux de hasard, et la pornographie. Toutes les offenses y passent et l’évolution des techniques de recherche sont détaillés, salle par salle. 

On admire un faux tableau de Valerius de Saedeleer, un de mes peintres de Latem préféré.

Le faussaire était doué. Voir ci-dessous une reproduction d’un authentique De Saedeleer, enfin je pense qu’il est authentique.

Au début des années 70, le festival du film de Gand veut choquer. Le Club de Cinéma universitaire programme délibérément des films provocateurs. En 1976, le film ‘A History of the Blue Movie’ est projeté dans l’ancien cinéma Select, place Wilson. Il s’agit d’une compilations de scènes de strip tease, de nudité et de sexe filmés à Hollywood entre 1915 et 1970. La législation du moment considère que le film est contraire aux bonnes mœurs. La police est dans la salle, elle met fin à la projection et les organisateurs du festival sont poursuivis en justice pour diffusion publique d’images pornographiques.

Le STAM projette en continu des extraits. 

Nous les reconnaissons, car le hasard veut que nous étions dans la salle du Select en 1976, lorsque les forces de l’ordre de la BSR (Brigades de Surveillance et de Recherche), reconnaissables à leurs imperméables gris et leurs chapeaux melon, interrompent la projection et incitent les spectateurs à vider les lieux. Quarante années plus tard, les scènes projetées nous paraissent anodines, voir hilarantes. 

Le musée du Dr. Guislain est le second qui accepte nos cartes d’accès.

‘Sensations, entre douleur et passion.’

L’abondance de stimuli plongent d’aucuns dans l’extase et d’autres dans le désespoir.

Ça scintille et ça frémit, les écrans digitaux s’illuminent et clignotent, nos neurones grésillent dans nos crânes. Le débat est ouvert et l’exposition explore de manière historique, culturelle et artistique, l’équilibre entre l’excès et le manque d’impulsions. 

Le musée est installé dans l’asile d’aliénés datant de 1857, le plus ancien du pays. 

La collection permanente est consacrée à l’histoire de la psychiatrie et au premier étage de l’aile gauche, la collection d’art brut est une des plus belles que nous ayons vu.

Mon prochain billet sera consacré à Budapest.

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18 – 45 – Amsterdam, Vrolik, Hans Op de Beeck et Classic Beauties

Des 15 recommandations de Tripadvisor lors d’une visite à Amsterdam, j’en retiens deux. 

Ne pas confondre les lumières bleues et l’éclairage rouge du quartier chaud.

Le bleu indique les travestis et le rouge les vraies filles.

Deuxièmement, ne pas confondre ‘Coffee Shop’ et ‘Starbucks’.  

En route vers Amsterdam, nous logeons sur le parking de la crêperie Ootje Konkel, à 5 km au sud de Hoorn, le long du Markenmeer. 

Dimanche soir, le restaurant est plein, les adultes se régalent et les nombreux enfants courent en rond. Les crêpes aux lard et gingembre font un repas complet, l’endroit est recommandable pour la qualité de la nourriture et pour l’excellent service.

Lundi matin vers 10:30, nous franchissons la grille du camping Zeeburg. Il est idéalement situé au nord-est d’Amsterdam, à 10 minutes à pied du terminus des trams 3 et 14 qui nous conduisent en ville en 15 minutes. Nous y avons logé l’année dernière et on y retourne cette année-ci pour les trois derniers jours de notre semaine de musées de Hollande.

Gerardus Vrolik (1755-1859), chercheur et scientifique constitua une collection d’embryons et d’objets d’anatomie anormales. Son fils Willem, professeur d’anatomie, continua à alimenter la collection et aujourd’hui l’ensemble agrémenté de spécimens récents est devenu le musée Vrolik.

Il est situé dans l’enceinte de l’AMC, l’Hôpital Universitaire d’Amsterdam.

C’est un vaste complexe qui réunit sous son toit, des salles d’opérations, des salles de cours, un Starbucks, des boutiques, un Albert Heijn et une collection d’art contemporain, d’après-guerre jusqu’à nos jours. Les couloirs sont larges, un patio appelé de ‘Voetenplein’ comporte des tables, des chaises et des bancs en bois clair. Je commande un uitsmijter à la cafétéria. On croise des étudiants, des visiteurs, des infirmières en uniforme poussant des chariots à médecine, des médecins en blouse blanche, le stéthoscope sur le ventre et des amateurs d’art comme nous à la recherche du musée Vrolik et de l’art omniprésent.

Les murs, les structures métalliques et les couloirs sont décorés de photographies, de peintures et de sculptures. 

La ville couverte, le qualificatif que l’on donne à ce centre médical, est un endroit où il fait bon flâner. Marleen visite le musée Vrolik, je bois un cappuccino et ensuite ensemble, on se promène, on recherche, on observe et on admire.

Au deuxième étage du Musée de la Marine nous plongeons dans l’installation ‘Sea of Tranquillity’ de l’artiste Belge Hans Op de Beeck. Inspiré par la construction du Queen Mary 2 au chantier de Saint-Nazaire, l’artiste a crée un bateau de croisière énigmatique. 

Plongés dans la demi-pénombre, le navire nous est dévoilé par un modèle et par des dessins aquarellisés en noir et blanc. La figure grandeur nature du capitaine complète l’introduction. 

Un film d’une demi heure clôture l’œuvre. C’est un montage digital qui fait penser à une BD animée. On reconnaît quelques acteurs dont Pascale Platel. La comédienne gantoise est la sœur du chorégraphe Alain Platel, fondateur à Gand des Ballets C de la B (pour Les Ballets contemporains de la Belgique). 

Les images se déroulent sans chronologie particulière. On voit une succession d’activités propres aux croisières. Un mécanicien fixant un boulon dans la salle des machines, deux hommes dans un salon de massage, le capitaine et deux officiers au poste de commande du bateau, une chanteuse de jazz dans un bar, des danseuses exotiques avec plumes et fleurs bariolées, un boucher et son assistante préparant des morceaux de viande. 

Le tout est agrémenté d’une musique de fond sans paroles, sauf la chanteuse.

Les scènes sont dépouillées, les images lentes et rigides et les couleurs parfois tranchantes. 

On quitte l’installation avec regret, comme lorsqu’on se réveille après un rêve enchanteur.

Le musée Hermitage a accès aux collections du musée du même nom à Saint-Petersbourg.

L’exposition ‘Classic Beauties. Artists, Italy and the Esthetic Ideals of the 18th Century’ propose plus de 60 statues et peintures sont les ‘ Trois Grâces’ d’Antonio Canova. 

 

 

C’est jusqu’au 13 janvier 2019.

‘Sea of Tranquillity’ est à voir jusqu’au 9 juin 2019.

Deux bonnes raisons pour aller à Amsterdam. 

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