18 – 47 – Budapest, l’archange Gabriel et les marchés de Noël

Le 20 juillet 2014, dans la pénombre de la nuit tombante, le monument est érigé en toute discrétion, au sud du Park de la Liberté. L’archange Gabriel symbolise l’innocence de la Hongrie. L’aigle plongeant, les ailes déployées et les griffes acérées, représente l’Allemagne Nazie, prête à frapper.

Viktor Orban réécrit l’histoire. 

Il faut se souvenir que la Hongrie fut en 1920, le premier pays à passer une loi anti-sémitique, privant les juifs de la plupart de leurs droits. 

Que la Hongrie fut le premier pays à s’allier à l’Allemagne Nazie en 1940. 

Qu’à Novi Sad pendant l’hiver 1942-1943, gendarmes et soldats exterminèrent des milliers de juifs civils. 

Qu’en 1944 les troupes allemandes furent accueillies à Budapest par des fleurs. 

Enfin, que c’est avec enthousiasme que pendant toute la guerre, l’administration du pays organisa les déportations vers les camps d’exterminations.

Aussi, les réactions à l’installation du monument sont violentes. En témoignent les valises, les photos des personnes disparues, les textes et les récits du passé sanglant que des citoyens outragés ont planté le long du trottoir en face des figures de bronze de l’ange et de aigle.

La Hongrie fait partie de l’Europe. Avec Viktor Orban, le pays a viré à droite. Les journaux Belges nous ont appris que les immigrés sont restés aux frontières. On n’a pas vu le camion avec les affiches de Guy Verhofstadt mais on a lu qu’il circule dans les rues de Bruxelles. 

C’est notre cinquième séjour à Budapest depuis décembre 2016. Nous sommes conscients des réalités politiques du pays mais en touristes nous avons une perception positive du pays et de ses habitants. Nous explorons une ville ouverte, agréable et où tout fonctionne. Ce n’est pas Singapore mais les rues et les transports en commun sont plus propres qu’à Bruxelles, voir à Paris. Les quatre lignes de métro et l’enchevêtrement des bus bleus, des trolleybus rouges et des tramways jaunes en site propre, couvrent la cité jusqu’à moindre recoin. 

En explorateurs urbains chevronnés, pour déterminer nos itinéraires, nos outils sont un plan de la ville et l’incontournable Google Map de l’iPhone. Pour aller rapidement de A à B, on prend le métro. Pour voir, on favorise les bus et les trams, un ‘Hop-on, Hop-off’ gratuit.

Budapest soigne les vieux et au delà de 65 ans, les transports publics sont gratuits. Au delà de 70 ans, les musées le sont également. On s’en donne à cœur joie.

L’architecture témoigne de la richesse du passé de l’empire austro hongrois. Bien évidemment, à l’exception, entre autre, de celles occupées par les ambassades, beaucoup d’immeubles et d’hôtels particuliers anciens semblent abandonnées et/ou sont couverts de poussière. Il faut plus de trente ans de démocratie pour effacer cinquante ans de communisme.  

Notre handicap est la méconnaissance de la langue mais l’anglais international permet de survivre sans aucune difficulté.

La ville compte 7 ‘temples du shopping’ modernes où toutes les marques internationales sont présentes. Le plus gigantesque est le Westend. On y trouve 400 boutiques, 40 cafés-restaurants et 14 salles de cinéma. 

Nous évitons les restaurants à touristes et pour nos repas, nous avons repéré les endroits où se sustentent les autochtones. Par exemple, la cantine du marché de Lehel Csarnok et Ancsa, au 60 Ülloï ùt, offrent un excellent plat de choux farci ou une traditionnelle goulasch pour 3€ par personne. 

Noël a fait sont entrée à Budapest et les marchés attirent du monde. Le plus beau est celui du  parvis de la Basilique Szent István. Le plus alimentaire celui de Deak Forenz tér. Nous laissons de côté les bricoles mais on craque pour les Flodnis de Raj Ráchel. C’est un gâteau traditionnel hongrois d’origine juive. Voir la photo ci-dessous pour sa composition.

Nous alternons les visites de musées avec les promenades en ville et les marchés. 

Le podomètre de mon iPhone indique que nous marchons entre 10 et 14 km par jour. 

Mon prochain billet sera dédié à la culture. 

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18 – 46 – Gand, le STAM et le musée Dr.Guislain

C’est à Potsdam, le 16 août 2010 que j’ai publié mon premier billet sur le blog ‘Le Chat Lune est un Linssen en Voyage’.

Huit ans et 578 billets plus tard, je publie le présent document. 

Mon idée au départ était de documenter nos pérégrinations avec textes et photos. Accessoirement de les rendre public. 

Au fil des ans, j’ai retenu l’attention de quelques centaines de lecteurs. Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à mes publications. Sachez c’est grâce à vous que je surmonte ma flemme, lorsque mon envie d’écrire et mon imagination viennent à me faire défaut. 

Pour garder une trace tangible de mon blog, je le fait imprimer et relier deux fois par an, environ.

Ma bibliothèque contient 19 livres avec textes et photos. Ils sont plus faciles à consulter que les pages électroniques. 

Pour les blogueurs d’entre-vous qui auraient envie de faire imprimer leurs billets, voici comment je procède actuellement.

Le site ‘BlogBooker’ me crée un ‘PDF’ des billets que je souhaite faire imprimer. L’usage est gratuit mais il coûte 30$ par an pour avoir les photos en haute définition, ce que je recommande.

Pour éditer le PDF, je lance l’application ‘Smallpdf’. Cette dernière est gratuite pour des 

manipulations simples, tel que la consolidation de 2 PDF et l’élimination des pages que l’on ne souhaite pas voir imprimées.

Troisièmement, j’envoie le résultat à ‘drukland.be‘ qui se charge de l’impression. La qualité est excellente et les prix sont compétitifs comparés aux tarifs des ‘printshops’ que l’on trouve en ville.

La Belgique a découvert le ‘Pass Musée’. À l’instar de la Hollande où il existe depuis 37 ans, nous avons depuis peu, pour la modique somme de 50€ annuellement, un accès à 120 musées, en Flandre et en Wallonie. Une aubaine pour des aficionados comme nous. 

Nous l’inaugurons au STAM, le musée de la ville de Gand.

La police judiciaire de la ville conserve depuis 1930 une collection de photos, d’objets et de dossiers relatant l’histoire d’un grand nombre de crimes. 

On peut s’instruire sur le faux-monnayage, la violence conjugale se terminant par un meurtre, l’empoisonnement, le perçage de coffres-forts, les photos robots, les empreintes digitales, les pickpocket, les stupéfiants, la contrefaçon, les jeux de hasard, et la pornographie. Toutes les offenses y passent et l’évolution des techniques de recherche sont détaillés, salle par salle. 

On admire un faux tableau de Valerius de Saedeleer, un de mes peintres de Latem préféré.

Le faussaire était doué. Voir ci-dessous une reproduction d’un authentique De Saedeleer, enfin je pense qu’il est authentique.

Au début des années 70, le festival du film de Gand veut choquer. Le Club de Cinéma universitaire programme délibérément des films provocateurs. En 1976, le film ‘A History of the Blue Movie’ est projeté dans l’ancien cinéma Select, place Wilson. Il s’agit d’une compilations de scènes de strip tease, de nudité et de sexe filmés à Hollywood entre 1915 et 1970. La législation du moment considère que le film est contraire aux bonnes mœurs. La police est dans la salle, elle met fin à la projection et les organisateurs du festival sont poursuivis en justice pour diffusion publique d’images pornographiques.

Le STAM projette en continu des extraits. 

Nous les reconnaissons, car le hasard veut que nous étions dans la salle du Select en 1976, lorsque les forces de l’ordre de la BSR (Brigades de Surveillance et de Recherche), reconnaissables à leurs imperméables gris et leurs chapeaux melon, interrompent la projection et incitent les spectateurs à vider les lieux. Quarante années plus tard, les scènes projetées nous paraissent anodines, voir hilarantes. 

Le musée du Dr. Guislain est le second qui accepte nos cartes d’accès.

‘Sensations, entre douleur et passion.’

L’abondance de stimuli plongent d’aucuns dans l’extase et d’autres dans le désespoir.

Ça scintille et ça frémit, les écrans digitaux s’illuminent et clignotent, nos neurones grésillent dans nos crânes. Le débat est ouvert et l’exposition explore de manière historique, culturelle et artistique, l’équilibre entre l’excès et le manque d’impulsions. 

Le musée est installé dans l’asile d’aliénés datant de 1857, le plus ancien du pays. 

La collection permanente est consacrée à l’histoire de la psychiatrie et au premier étage de l’aile gauche, la collection d’art brut est une des plus belles que nous ayons vu.

Mon prochain billet sera consacré à Budapest.

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18 – 45 – Amsterdam, Vrolik, Hans Op de Beeck et Classic Beauties

Des 15 recommandations de Tripadvisor lors d’une visite à Amsterdam, j’en retiens deux. 

Ne pas confondre les lumières bleues et l’éclairage rouge du quartier chaud.

Le bleu indique les travestis et le rouge les vraies filles.

Deuxièmement, ne pas confondre ‘Coffee Shop’ et ‘Starbucks’.  

En route vers Amsterdam, nous logeons sur le parking de la crêperie Ootje Konkel, à 5 km au sud de Hoorn, le long du Markenmeer. 

Dimanche soir, le restaurant est plein, les adultes se régalent et les nombreux enfants courent en rond. Les crêpes aux lard et gingembre font un repas complet, l’endroit est recommandable pour la qualité de la nourriture et pour l’excellent service.

Lundi matin vers 10:30, nous franchissons la grille du camping Zeeburg. Il est idéalement situé au nord-est d’Amsterdam, à 10 minutes à pied du terminus des trams 3 et 14 qui nous conduisent en ville en 15 minutes. Nous y avons logé l’année dernière et on y retourne cette année-ci pour les trois derniers jours de notre semaine de musées de Hollande.

Gerardus Vrolik (1755-1859), chercheur et scientifique constitua une collection d’embryons et d’objets d’anatomie anormales. Son fils Willem, professeur d’anatomie, continua à alimenter la collection et aujourd’hui l’ensemble agrémenté de spécimens récents est devenu le musée Vrolik.

Il est situé dans l’enceinte de l’AMC, l’Hôpital Universitaire d’Amsterdam.

C’est un vaste complexe qui réunit sous son toit, des salles d’opérations, des salles de cours, un Starbucks, des boutiques, un Albert Heijn et une collection d’art contemporain, d’après-guerre jusqu’à nos jours. Les couloirs sont larges, un patio appelé de ‘Voetenplein’ comporte des tables, des chaises et des bancs en bois clair. Je commande un uitsmijter à la cafétéria. On croise des étudiants, des visiteurs, des infirmières en uniforme poussant des chariots à médecine, des médecins en blouse blanche, le stéthoscope sur le ventre et des amateurs d’art comme nous à la recherche du musée Vrolik et de l’art omniprésent.

Les murs, les structures métalliques et les couloirs sont décorés de photographies, de peintures et de sculptures. 

La ville couverte, le qualificatif que l’on donne à ce centre médical, est un endroit où il fait bon flâner. Marleen visite le musée Vrolik, je bois un cappuccino et ensuite ensemble, on se promène, on recherche, on observe et on admire.

Au deuxième étage du Musée de la Marine nous plongeons dans l’installation ‘Sea of Tranquillity’ de l’artiste Belge Hans Op de Beeck. Inspiré par la construction du Queen Mary 2 au chantier de Saint-Nazaire, l’artiste a crée un bateau de croisière énigmatique. 

Plongés dans la demi-pénombre, le navire nous est dévoilé par un modèle et par des dessins aquarellisés en noir et blanc. La figure grandeur nature du capitaine complète l’introduction. 

Un film d’une demi heure clôture l’œuvre. C’est un montage digital qui fait penser à une BD animée. On reconnaît quelques acteurs dont Pascale Platel. La comédienne gantoise est la sœur du chorégraphe Alain Platel, fondateur à Gand des Ballets C de la B (pour Les Ballets contemporains de la Belgique). 

Les images se déroulent sans chronologie particulière. On voit une succession d’activités propres aux croisières. Un mécanicien fixant un boulon dans la salle des machines, deux hommes dans un salon de massage, le capitaine et deux officiers au poste de commande du bateau, une chanteuse de jazz dans un bar, des danseuses exotiques avec plumes et fleurs bariolées, un boucher et son assistante préparant des morceaux de viande. 

Le tout est agrémenté d’une musique de fond sans paroles, sauf la chanteuse.

Les scènes sont dépouillées, les images lentes et rigides et les couleurs parfois tranchantes. 

On quitte l’installation avec regret, comme lorsqu’on se réveille après un rêve enchanteur.

Le musée Hermitage a accès aux collections du musée du même nom à Saint-Petersbourg.

L’exposition ‘Classic Beauties. Artists, Italy and the Esthetic Ideals of the 18th Century’ propose plus de 60 statues et peintures sont les ‘ Trois Grâces’ d’Antonio Canova. 

 

 

C’est jusqu’au 13 janvier 2019.

‘Sea of Tranquillity’ est à voir jusqu’au 9 juin 2019.

Deux bonnes raisons pour aller à Amsterdam. 

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18 – 44 – Enkhuizen et Hoorn

Le 29 janvier 1616, Jacob le Maire, fils du marchand Isaac le Maire et le capitaine Willem Cornelis  Schouten, à bord des navires le Eendracht et le Hoorn, trouvent au sud du détroit de Magellan, à la pointe la plus au sud de l’Amérique Latine, un passage vers l’Océan Pacifique. Il baptisent ce point le ‘Kaap Hoorn’, le nom de leur ville d’origine. 

Hoorn est une ville portuaire située dans la province de ‘Noord-Holland’, sur le Markermeer, à 50 km au nord d’Amsterdam. Vingt km plus au nord-est, se trouve Enkhuizen, une autre ville portuaire située sur le ‘Ijsselmeer’. Une digue sépare les deux plans d’eau. 

Le ‘Ijsselmeer’ au nord et le ‘Markermeer’ au sud, faisaient partie de la ‘Zuiderzee’. 

En 1932, cette mer intérieure fut coupée de la Mer du Nord par la ‘Afsluitdijk’ (digue de séparation). 

Ensuite, trois territoires furent asséchés, le ‘Wieringermeer’, le ‘Noordoostpolder’ et ‘Flevoland’. 

La carte ci-dessous illustre la réalisation.

Notre voyage de fin de saison, nous conduit à faire une visite à Enkhuizen, Hoorn et Amsterdam. 

Il y a 108 ans, à une journée près, le 6 novembre 1910,  le cinq-mâts Preussen entre en collision dans la Manche, avec le vapeur Brighton. Trois remorqueurs ne réussissent pas à ramener le bateau à Douvres et le voilier coule sur les rochers de la côte anglaise.

Sorti d’un chantier de Bremerhaven en 1902, construit en acier, c’était le voilier le plus rapide de son époque. Il atteignait 20 noeuds sous voile (38km/h). 

Son équipage de 46 hommes manœuvraient 47 voiles d’une surface totale de 6800 m2. 

La charge utile s’élevait à 8000 T. 

Lors de son naufrage il avait à bord, entre autre, une cargaison de pianos précieux qui furent récupérés avant qu’il ne coule. 

Le conservateur du Flessenscheepjes Museum (musée de bateaux en bouteilles) à Enkhuizen nous raconte son histoire et il nous montre une bouteille ronde qui contient un modèle du cinq-mats.

Ce modèle fait partie des bateaux en bouteille construit par Kees van Oostrom, un marin retraité. En 2014 il lègue l’entièreté de sa collection au musée. 

Enkhuizen possède plus de mille modèles en bouteilles, la plus importante collection au monde. 

Ce passe-temps de marins est de tout temps et de tous pays. Aussi, le musée possède des modèles qui viennent des quatre coins du monde. Certains datent du 17ème siècle, l’âge d’or du VOC. 

Le musée est logé dans une ancienne ‘spuihuisje’. C’est une maison construite au dessus d’un caniveau qui reliait la Zuiderzee au canaux de la ville de Enkhuizen. Une vanne permettait de fermer l’accès et ainsi la protéger la ville des crues et des grandes marées. Inversement, le caniveau pouvait laisser les eaux intérieures s’écouler vers la mer. 

La fermeture de la Zuiderzee a rendu sa fonction obsolète mais le mécanisme est toujours là.

Pour parfaire notre savoir, nous visitons également le Zuiderzee Museum. À cette époque de l’année, la section extérieure, c’est à dire, les bateaux amarrés dans le port adjacent n’est pas accessible au public. Par contre le hall intérieur contient une large collection de bateaux en bois, anciens bateaux de pêche et de loisirs, communs sur la Zuiderzee. 

Hoorn et Enkhuizen sont des villes actives et vivantes. Ce sont aussi des villes riches en histoire et riches tout court. La première était le siège et le port principal du VOC au 17ème siècle et la seconde un port de pêche en haute mer, avant la construction de la digue de séparation. 

Son blason arbore 3 harengs couronnés.

L’architecture témoigne de leur prospérité. Les expositions du Zuiderzee Museum à Enkhuizen et du Westfries Museum à Hoorn le soulignent.  

Enfin, à Hoorn, dans l’ancienne prison située sur l’Île artificielle Oostereiland, on s’amuse beaucoup à revivre notre passé dans le ‘Museum van de 20e Eeuw.’ Les photos sont parlantes.

 

Mon billet suivant sera dédié à Amsterdam.

 

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18 – 43 – La descente vers le sud – Emil Nolde et Holstebro

Peut-on admirer une œuvre d’art réalisée par un Nazi? 

Je ne m’étais jamais posé la question avant de découvrir qu’Emil Nolde avait été membre du parti National Socialiste et fervent supporter de Hitler.

Au fil de nos visites de musées, nous avons à de nombreuses reprises vu et aimé les tableaux de Nolde. 

Aussi, sa fondation, son atelier et la maison qu’il a construit et dans laquelle il a vécu avec son épouse Ada à Seebüll, dans le Nord de l’Allemagne, près de la frontière Danoise, fait partie des points de chute de notre voyage de retour.

Sur place, le film documentaire et la biographie de l’artiste nous font découvrir un peintre obsédé par la recherche de sa reconnaissance. Emil Nolde naît en 1867 et décède le 13 avril 1956 à l’âge de 88 ans. Sa notoriété est acquise au début du siècle dernier. 

Il a 53 ans en 1920, lorsqu’il adhère au parti National Socialisme. Il est admiré comme peintre Germanique et les pontes du régime, tel que Joseph Goebbles, achètent ses œuvres. Par contre Hitler, que Nolde admire, rejette toutes les formes d’art non conforme à ses goûts. Les œuvres de Nolde se voient qualifiés de ‘dégénérés’ et en 1937, un milliers de ses tableaux sont enlevés des musées et le peintre est frappé d’une interdiction de produire son art. À partir de 1941, dans son atelier à Seebüll, il peints de petites aquarelles. Malgré l’ostracisme qu’il ne comprend pas et dont il souffre, Nolde continue à supporter le régime. 

Après la guerre, des questions sont posées à son sujet, mais très vite, il refait surface et il est confirmé comme un des grands peintres expressionnistes Allemands. Ses œuvres confisquées lui sont restituées.

Il faut voir l’artiste dans le contexte historique des époques qu’il traverse. Il est né avant Sedan, il a connu la grande guerre, la ruine de l’Allemagne, le débâcle politico-économique qui a suivi et la renaissance du pays avec le nazisme qu’il épousa.

La question posée en début de ce texte, mérite un débat que je suis prêt à engager. 

Sans entrer dans les détails, pour les deux raisons qui suivent, ma réponse est oui, avec un arrière goût. 

Premièrement, nous aimions les peintures d’Emil Nolde avant de découvrir sa biographie. Deuxièmement, le peintre embrassait le régime mais son œuvre n’en était pas un support. 

Nolde peignait ses émotions. Pas de croix gammée, mais des jardins en fleur, des personnages enlacés, des scènes de mer et des cieux tourmentés, le tout haut en couleur, Nolde était surtout couleurs.

Pour toutes ces raisons, Seebüll mérite une visite.

En quittant Grenen et avant d’arriver chez Nolde, nous longeons la côte Ouest du Danemark et logeons par deux fois en sauvage sur des parkings avec vue sur mer. La première fois à Nørre Vorupør, une village touristique que Marleen qualifie de ‘Blankenberge, et la deuxième fois sur le parking situé à l’amorce de la route qui, à marée basse, relie l’île de Mandø au Jutland. Nous y arrivons en fin d’après-midi, la marée est haute et on aperçoit plantés dans l’eau, les piquets qui balisent le passage. Le lendemain matin, au lever et à notre départ, la marée est à nouveau pleine. Nous n’avons jamais vu la route qui mène à Mandø.

Entre Nørre Vorupør et Mandø on fait un crochet à l’intérieur des terre pour voir le Kunst Museum de Holstebro. En 1965, la municipalité décide de rendre la culture accessible au citoyens de la ville. Au fil des années, des statues et des œuvres d’art sont installées aux quatre coins des rues. Aujourd’hui, Holstebro est reconnue comme étant la ville artistique du Danemark.

Nous nous contentons de visiter le musée d’art.

Le peintre et sculpteur Danois John Olsen, né en 1938, est un fervent collectionneur d’objets de toute sorte. Il ramasse des carcasses séchées d’animaux, des branches d’arbres tordues, des oiseaux empaillés, des galets de plage. Comme nous, il fréquente les vide-grenier et les brocantes à la recherche d’objets insolites. En plus de cela il récolte des déchets de notre civilisation de consommation. 

Dans le sous-sol du musée une salle entière est dédiée à ses ‘Undrekammer’. Ce sont d’imposantes vitrines dans lesquelles Olsen expose en vrac les objets qu’il a récoltés depuis une dizaine d’années. 

On adore.

Je termine ici le compte rendu de notre voyage en Allemagne et au Danemark. 

Nous passons le Rhin à Rees et sur le chemin du retour, nous faisons une traditionnelle halte chez nos amis Marjan et Will à Eindhoven. En fin d’après-midi, il faisait suffisamment beau pour prendre l’apéro dans le jardin, autour d’un feu de camp. 

Bientôt nous partons pour Enkhuizen, on y trouve un musée de bateaux en bouteilles.

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18 – 42 – Viborg, Aalborg, Lindholm Høje, Frederikshavn, Skagen

C’est le peintre Lithuanien Marcinkevičius Vilmantas qui a décoré le cercueil de Thorkild NB Nielsen, galeriste à Viborg depuis 30 ans.

Thorkild Nielsen nous accueille et nous introduit aux œuvres exposées dans sa galerie. 

Après une semaine de promenades dans les bois à la recherche de champignons sauvages, nous avons quitté Jacqueline, Jørgen et Raksha pour poursuivre notre découverte des musées et des galeries d’art du Jutland.

Viborg est une ville située à 50 km au nord de Laven. La galerie NB est ouverte le lundi et elle mérite de s’y attarder. 

Le œuvres du Néerlandais Hugo Tieleman nous rappellent Anselm Kiefer.

Marcinkevičius Vilmantas nous séduit par ses portraits expressionnistes et l’Israelite Meydad Eliyahu par ses aquarelles monochromes minimalistes. L’artiste a eu le calligraphe Kazuo Ishii comme maître à l’université de Haifa.

 

En quittant la galerie nous découvrons le cercueil de Thorkild Nielsen, posé verticalement à côté de son bureau. Marleen lui demande s’il compte l’utiliser. Bien entendu répond celui-ci, à quoi Marleen rétorque, ‘I am sure that you will be very happy in there’.

Deux jours plus tard, nous passons la nuit sur un ancien emplacement de bus en face du musée Kunsten DK de Aalborg.  

‘My paintings always reflects my feelings. And I don’t always have an easy time’. 

Kurt Trampedach traduit par ses œuvres, sa recherche introspective, souvent sombre. Le musée Kunsten DK lui consacre l’entièreté du sous-sol. L’exposition est intitulée ‘Dark Encounters’. 

Les tableaux et les sculptures datent des années 70. L’artiste Danois vécu à Sare en France où il mourut en 2013 à l’âge de 70 ans.

À Lindholm Høje, au nord de Aalborg, sur la face sud de la colline de Voerberg, se trouve un ensemble funéraire Viking datant de la préhistoire. Il fut utilisé de 400 jusque 1000 avant notre ère, c’est-à-dire pendant 600 ans. Vers l’an 1000, l’entièreté du site ainsi que deux villages furent recouvert d’une épaisse couche de sable qui s’est constamment amoncelée au fil des ans, pour attendre 4 mètres à certains endroits. Le site fut découvert en 1889 mais ce n’est qu’à partir de 1952 qu’il fut systématiquement déblayé et étudié pour présenter le champ de pierre que nous voyons aujourd’hui. Le musée adjacent retrace son histoire.

Plus loin vers le nord, à une quarantaine de kilomètres au sud de Skagen, on fait un arrêt à Frederkshavn, le port situé sur la côte Est du Danemark. Le Musée d’Art de la ville se targue de posséder plus de 500.000 clichés originaux d’ex-libris, la collection la plus importante au monde. 

Cette forme d’art est peu connue du grand public. Elle a ses artistes et ses collectionneurs, mais il y a peu de musées. Le musée de la ville de Saint-Nicolas en Belgique en est un autre.

Le musée de Frederikshavn offre une exposition permanente et tournante de sa collection. 

Pour les intéressés, ouvrez le lien du musée en-ligne suivant: http://art-exlibris.net

On admire et ensuite on mange un chou farci, le plat du jour du restaurant.  

Le même jour, en début d’après-midi, nous rangeons notre roulotte sur le parking de Grenen, la plage au nord de Skagen, le point le plus au nord du Danemark. C’est à cet endroit que le Skagerak rejoint le Kattegat et forme un vague perpendiculaire à la plage. Pour ceux qui n’aimant pas marcher dans le sable, un wagon tiré par un tracteur fait la navette entre le parc de stationnement et la grande

Qui dit Skagen, dit l’école du même nom, ci-dessous une peinture de Peder Severin Krøyer. 

Le prochain billet sera pour notre descente vers le sud, avec entre autre, le musée de la Fondation Emil Nolde à Seebüll.

 

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18 – 41 – Odense, Brandts, Tidens Samling, Clay

Je me rattrape lentement. 

Odense, la troisième ville la plus important du Danemark, est à une demi heure de voiture du moulin du château de Egeskov. On s’installe dans le ‘City Camping’, à 10 minutes de bus du centre de la ville. 

C’est un camping d’une propreté remarquable où toutes les facilités sont présentes et fonctionnent. Nous y restons deux jours. 

À côté de la collection permanente de peinture Danoise, le musée Brandts offre deux expositions temporaires. La première présente des photos truquées. Les auteurs utilisent des logiciels pour manipuler leurs œuvres. Le belge Filip Dujardin crée des vues urbaines imaginaires, le néerlandais Robert Overweg des paysages virtuels et l’allemand Gerhard Mantz des paysages fictifs. Les photos ci-jointes sont parlantes. 

La deuxième exposition nous plonge dans la science fiction. Nous passons un bon moment à regarder les extraits de films, Metropolis, Frankenstein, Doctor Strangelove, Godzilla, Alien, Back to the Future, Odyssée 2001 et les autres. Nous admirons les maquettes des vaisseaux spatiaux, les combinaisons spatiales de leurs occupants et le monstre Alien grandeur nature.

D’après le dessinateur de la BD ci-jointe, en l’an 2000 nous serons tous en l’air, munis d’ailes de papillons. 

Un autre musée amusant, intitulé ‘Tidens Samling’, présente des intérieurs d’époques, décade par décade, depuis la deuxième guerre mondiale à nos jours. La dame à l’entrée nous signale qu’on peut toucher à tout et même ouvrir les armoires. 

On ne se laisse pas dire, on prend, on triture et on touche, nous reconnaissons les objets pour les avoir vécus. Je vois le téléphone mural qui se trouvait dans la pièce du fond, chez mes grand-parents paternels à Isières. Le village avait deux téléphones. Un dans le café près de la Place du Jeux de Balle et un chez ma grand-mère. Au besoin, les villageois venaient l’utiliser et le prix de la communication allait dans une boîte en fer blanc placée à côté du bottin, sur une commode placée sous l’engin. La communication terminée, le visiteur se voyait offrir une ‘jatte’ de café et on commentait l’échange téléphonique. Comme dans toutes les maisons du village, le breuvage sortait d’une cafetière posée sur la partie tiède du poêle à charbon de la pièce principale de la maison.  

La dernière halte avant Laven est Middelfart. La ville est située sur le Lillebælt (petite ceinture), le détroit de mer qui sépare l’île de Fyn du Jutland.

On y trouve le musée ‘CLAY’. C’est selon la brochure, un des plus importants musée de l’art de la céramique d’Europe. La collection permanente (Treasury Gallery) retrace l’histoire et on peut admirer des œuvres vieilles de plusieurs siècles à des créations contemporaines issues des ateliers renommés tel que le Royal Copenhagen.

Le lendemain nous rangeons notre engin sur la pelouse du jardin de Jacqueline et Jørgen. 

Nous passons ici une petite semaine très agréable. 

Le matin, nous accompagnons Jørgen pour sa promenade journalière. Pendant deux heures, Raksha à la laisse, il se promène dans les forêts qui entourent sa maison. C’est la saison des champignons sauvages et mon beau-frère connait la différence entre les espèces comestibles et celles qu’on ne mange qu’une fois. Un de ses favori est le cèpe de Bordeaux qui au Denmark s’appelle le ‘Carl Johan’. 

Il s’avère que Charles XIV, Roi de Suède et de Norvège depuis 1818, introduit et cultivait cette espèce dans les jardins de son palais, le Rosenberg Palace à Stockholm. Ce souverain n’est autre que le maréchal de Napoleon, Jean Bernadotte, lequel se fâcha avec l’empereur et se joignit à la tête de son armée Suédoise aux troupes Autrichiennes, Russes, et Anglaises pour vaincre l’armée française à Leipzig, à la bataille des Nation en septembre 1814.

Jean Bernadotte se fit appeler Carl Johan. Ses descendants sont aujourd’hui, toujours assis sur le trône du Royaume de Suède.

Mon prochain billet relatera notre voyage vers Grenen, le point géographique le plus au nord du Danemark, là où le Skagerak rencontre le Kattegat.

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