Carnet de Bord 17/7 – la Marne et Châlons-en-Champagne

Contrairement à ce que je croyais, ce ne sont pas les gurus du marketing des sociétés vinicoles mais c’est Charles V qui le 25 janvier 1373 nomma la ville ‘Chaalons en Champaigne’, ce qui veut dire ‘en campagne’.
La révolution Française supprime les provinces, ainsi que l’utilisation du mot ‘Champagne’ et la ville devient Châlons. Au milieu du 19e siècle, le qualificatif ‘sur-Marne’ s’y ajoute pour éviter la confusion avec l’autre ville ‘sur-Saône’.
Enfin, en 1995 l’équipe municipale, par le décret du 6 novembre 1995, décide de changer une nouvelle fois le nom de la commune en Châlons-en-Champagne. Un habitant de la commune, soutenu par un collectif d’habitants, fait annuler le décret par un arrêt du Conseil-d’État du 4 avril 1997, l’« arrêt Marchal ». Le Conseil d’État sanctionne le projet et annule le décret qui est « entaché d’incompétence ». L’équipe municipale, réitère son projet, cette fois correctement préparé, et la commune reprend en décembre 1997, le nom de Châlons-en-Champagne.

Nous sommes amarrés dans le port de plaisance de cette ville depuis mardi dernier.
En route, faute de trouver un quai accueillant et surtout pour se protéger du soleil, nous avons passé une soirée et une nuit sous les arbres qui bordent la Marne. Une aussière à l’avant et une à l’arrière suffisent pour sécuriser le bateau.

Le soir du mercredi 21 juin, Châlons-en-Champagne célèbre dignement la fête de la musique.
Un large programme de musiques diverses, jazz, electro rock, chorales classiques, rap soul reggae, rock métal, rock industriel, chanson française, reggae rap zouk, funky, pop music, folk, hard core speed core et j’en oublie.

À 18:30 nous sélectionnons la chorale ‘Tous en Chanson’ qui se produit quai des Arts, devant l’Office du Tourisme. À l’heure prévue au programme, les membres du groupe se mettent en place, la chef brandit un bâtonnet, les haut-parleurs crépitent et puis plus rien.
Le groupe se concerte et la chef s’empare d’un micro pour demander au public, Marleen et moi et les deux autres, de patienter un peu car un des baffles doit être remplacé. Vingt minutes plus tard, une Volvo rouge bordeaux arrive en trombe, du coffre sort une boîte noire, des fils et des fiches.
Le technicien connecte et déconnecte les composants et teste le son. Les baffles sifflent et craquent et puis se taisent.
Les chanteurs se remettent en position, la chef brandit son bâtonnet, les haut-parleurs sifflent et crépitent et puis, plus rien. La chef dépose son bâtonnet et se concerte avec le technicien.
Ce dernier déconnecte le haut-parleur qui vient d’être apporté et le remet dans le coffre de la Volvo. Ensuite il rebranche l’ancien et le connecte à l’amplificateur. Les haut-parleurs crépitent et sifflent. Patiemment, l’homme déconnecte et connecte les fils, la chef s’assied et s’évente le front avec une partition, les chanteurs bavardent, les spectateurs patientent. Trois autres curieux se sont joint à nous, nous sommes sept à attendre le début de la représentation.
À 19:12, le technicien se relève, un sourire aux lèvres, il fait un signe de la main, la sono est au point. Les chanteurs se mettent en position, la chef brandit son bâtonnet et la chorale y va d’une première chanson.
Le résultat est épouvantable, l’amplification écrase les voix. Nous attendons dix secondes et sans hésitation, nous fuyons vers le prochain orchestre.

Dans le parc du petit Jard, une quinzaine de musiciens issus de l’Harmonie Municipale ont formé un groupe appelé ‘banda’. Élégamment habilles de noir, tout en sourire en en harmonie, ils portent bien leur nom, l’orchestre régale le public de courtes rengaines pleines d’entrain, sans amplification, un plaisir pour l’ouïe et l’œil. Les applaudissements fusent, nous restons debout devant l’orchestre jusqu’au dernier morceau.

Dans le Temple Protestant, à une centaine de mètres de là, Marleen se faufile entre les spectateurs et déniche une chaise pour écouter la chorale ‘Ensemble Vocal Féminin Thibaut de Champagne’, classique avec violoncelle et piano.
Quant à moi, à l’exception des cinémas, les endroits clos remplis de monde, me donnent de la claustrophobie, je rentre au bateau.

Du kiosque du Grand Jard, le parc situé à l’opposé du bras de la Marne qui abrite le port de plaisance, le groupe Freekorifik, inonde la dunette de ‘hard core speed core’. C’est une musique répétitive dont le rythme est ponctué par des coups de grosse caisse. Ça fait essentiellement ‘boum, boum, boum…’ avec en arrière-plan le couinement continu et monotone d’un orgue électronique.
Marleen rentre vers 22:30, le speed core s’éteint à une heure du matin. On finit par s’y faire, et j’imagine, ayant fumé un joint ou deux, que le public dont on devine l’enthousiasme, doit être entré en transe, nous pas.

Nous passons quelques journées calmes à lire et flâner en ville. La galerie Clémangis expose des tableaux de Bernard Lorju, peintre expressionniste Français. L’artiste a visiblement été inspiré par Picasso, moins le talent, remarque Marleen.

Pour célébrer les 50 ans de la parution du 8e album des Beatles, « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band », la bibliothèque Pompidou expose la collection du châlonnais Roland Lestoquoit, objets, livres, disques et souvenirs de concerts.
Dans une salle adjacente, l’espace Expo BMVR, quatre photographes nous livrent leurs clichés des caves de champagne.

Samedi, c’est la fête des bulles. Sur la place Foch, l’ensemble ‘Les Petits Maillots Noirs’, une chorale composée d’élèves de quatre écoles donnent une représentation sur le thème ‘noir’, tel que: ‘L’aigle noir’, ‘Je voudrais être noir’, ‘Black and White’, ‘Je suis noir de peau’…

Dimanche au vide-grenier du square Antral, avenue Anatole France, Marleen paye 0,20€ pour un cheval Schleich et 2,50€ pour deux albums de Lucky Luke.

Dans l’eau, les algues bouillonnent. Toute la semaine, une équipe de faucardeurs avec trois machines ont nettoyé le port avec trois machines et sorti des tonnes de verdure.

 

Qui dit qu’on s’ennuie en province?

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Carnet de Bord 17/6 – Paris – parc Monceau – Meaux – La-Ferté-sous-Jouarre – la Pédale Fertoise

Le 22 octobre 1797, André-Jacques Garnerin effectue le premier saut en parachute, sans cadre rigide, de l’histoire en s’élançant d’un ballon au parc Monceau. Il atterrit devant une foule attentive et admirative, qui pensait le voir s’écraser au sol.
Le 12 octobre 1799, il demande l’autorisation de tenter l’expérience avec Jeanne Labrosse, son élève et future épouse. Le bureau central de police lui refuse l’autorisation, prétextant que la réduction de la pression d’air en altitude pourrait endommager les organes délicats de la femme et qu’en plus, la proximité de deux êtres de sexes opposé dans la nacelle étroite d’un ballon allait à l’encontre de la bonne morale. Le Ministre de l’Intérieur et le Ministre de la Police rejetèrent l’interdiction, argumentant qu’il n’y avait pas plus de scandale à voir deux personnes du sexe opposé à monter en ballon qu’il n’y en a de les voir monter en carrosse. Ainsi, Jeanne Labrosse devint la première femme à sauter en parachute.
L’événement est rappelé par une plaque en bronze, à demi cachée par le feuillage d’un buisson du parc Monceau.

Nous effectuons la balade du patrimoine # 22, intitulée, ‘Musiciens et Poètes’.
L’ancien parc de la folie du duc de Chartres est transformé en parc public en 1860, sous le Second Empire. Situé dans un quartier privilégié, il est associé à la musique et à la poésie et petit à petit peuplé de statues d’écrivains, poètes et compositeurs. Ce lundi matin, le 12 juin 2017, il est aussi envahi par des hordes d’élèves de tout âge. Beaucoup portent l’uniforme, tabliers bleus et chemises blanches, signe distinctif des écoles bien pensantes.

Notre fiche comporte 6 points de chute, 6 statues à admirer; Guy de Maupassant, Édouard Pailleron, Ambroise Thomas, Charles Gounod, Alfred de Musset et Frédéric Chopin.
En prime, la plaque commémorative de l’exploit d’André-Jacques Garnerin, non mentionnée sur notre fiche, mais appropriée, car la musique et la poésie élèvent l’esprit.

Les derniers jours passés à Paris sont constellés de dîners et apéros chez nos amis du port. Dix années consécutives et six semaines de présence ont consolidé de nombreuses amitiés et c’est toujours avec joie que nous revoyons les habitants du port. C’est aussi toujours avec regret que nous les quittons. Nous avons acquis le Chat Lune en juin 2005, notre premier voyage fut d’aller d’Auxerre à Paris, au port de l’Arsenal. À l’exception de notre croisière en Allemagne, de 2010 à 2013, Potsdam, Berlin, la Pologne et la Hollande, nous avons pris l’habitude de séjourner chaque année ici, pendant plusieurs semaines.
Aussi, lorsqu’en début de saison, nous franchissons la porte amont de l’écluse # 9, celle qui sépare la Seine du port de l’Arsenal, Marleen et moi ressentons la bouffée de bien-être que l’on éprouve en revenant chez soi, après une longue absence.

Si il est vrai que nous aimons Paris et que nous aimons vivre à Paris, il est tout aussi vrai, que nous aimons bouger, et lorsque six semaines plus tard, nous franchissons dans le sens inverse, l’écluse # 9, et que le Chat Lune trace son sillon dans l’eau de la Seine, une sensation de bonheur nous envahit, ça y est, on navigue à nouveau.

Je vous livre à ce propos, une remarque d’Alexandra David-Neel, dont je lis actuellement la biographie écrite par Jean Chalon:
‘Drôle et inconcevable idée qu’ont les gens de s’attacher à un endroit comme des huîtres à leur banc, quand il y a tant à voir de par le vaste monde et tant d’horizons à savourer.’

J’ai dessiné un croquis du voyage que nous envisageons de faire cette année-ci, un bon croquis vaut mieux qu’un long discours, comme le disait Napoleon.


J’écris ce billet, assis sur la dunette, dans l’après-midi de ce dimanche 18 juin 2017.
De Paris nous sommes allés à Meaux où nous avons admiré les progrès réalisés par notre ami Gilles. Il construit un bateau en acier de 14,95 m x 4,80m. Voir le billet que je lui ai consacré, début aout 2016, lors de notre précédent passage à Meaux.


Vendredi, le deuxième jour de notre navigation, nous a mené à La-Ferté-sous-Jouarre. On s’y plait bien et ce matin nous n’avons pas résisté à monter vers le hameau de Limon pour chiner dans la brocante annuelle.

Avant d’y aller, on s’arrête pour prendre un café dans un bistrot local. Nous expliquons le but de notre promenade. Suit une conversation animée entre la patronne et les trois clients qui s’évertuent à nous décrire le chemin vers l’endroit de l’événement. C’est tout en haut de la colline, au moins à 5 kilomètres fait la tenancière. Non fait une autre, il faut monter la rue du Limon, c’est plus court. Oui, mais ça grimpe très fort, fait un troisième et il fait chaud. Finalement, un des trois se propose de nous y conduire, ce qu’il fit.

Nous revenons à pied par la rue du Limon qui en effet descend à pic du haut de la colline vers le bas du village. Je tiens au bras un beau grand panier en osier, 4€, dans lequel repose une figurine en porcelaine de Copenhagen, 1,5€ et deux tout petites figures, également en porcelaine, 0,50 € pour les 2.
Marleen à bien marchandé.

Hier en fin d’après-midi, le village s’anima de la course cycliste ‘Le Prix de la Municipalité’ organisée par l’Association ‘La Pédale Fertoise’. Ça nous a bien fait rire, pas la course, le nom de l’association.

Demain, nous poursuivons notre route, on aimerait être à Chalons-en-Champagne le 21 juin, le jour de la date de la musique.

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Carnet de Bord 17/5 – Paris 5 – Fragments d’Expos – Biodiversité – Pallas Athéné

Jeudi dernier, une des cannes du port promenait ses 7 petits derrière notre bateau, lorsqu’un d’eux fut happé par une silure. Lorsque j’écris ceci, ce dimanche 11 juin, 2017, à l’ombre du bimini, assis sur la dunette, j’aperçois la canne qui remonte le port, suivie de 3 canetons.
La mortalité des canards est galopante au port de l’Arsenal.

Jeudi matin, la balade du patrimoine # 26, intitulée Fragments d’Expos, nous conduit en marchant d’une relique à l’autre, rive gauche, le long des jardins de aménagés sur des pontons, à l’amont du pont de l’Alma.
Le texte explicatif dit:

Dans le cadre du réaménagement de la rive gauche de la Seine à Paris désormais réservée aux piétons, un jardin flottant a été installé le long de la berge, à proximité du Pont de l’Alma. Il est composé de cinq îles, chacune étant végétalisée et pourvue d’un mobilier qui lui est propre : assises au plus près de l’eau sur l’île centrale, structures en bois sur l’île verger, chaises longues sur l’île aux brumes… Les cinq îles de l’Archipel représentent chacune un morceau de paysage de bords de Seine : l’île centrale, à dominante minérale ; l’île prairie, généreusement plantée, c’est l’île aux herbes hautes ; l’île verger où l’espace entièrement engazonné est rythmé par la plantation tramée de pommiers décoratifs ; l’île aux oiseaux, qui est la plus densément plantée et la plus « sauvage ». L’espace accessible au public y est plus restreint. On pénètre dans une serre métallique partiellement vitrée, par un cordon d’arbustes bas et de graminées.

Dans la serre métallique, sont question ci-devant, quelques panneaux expliquent les poissons de la Seine. Il s’avère que le brochet est un prédateur paresseux, qui attend qu’une proie distraite vienne se promener à proximité de sa gueule ouverte, alors que la silure est plutôt active, comme nous venons de le constater. Je ne connais pas grand chose en matière de poissons, mais j’aime la raie fraîche au beurre noisette et vendredi au restaurant des Ramparts, rue Saint-Antoine, nous avons dégusté trois savoureux filets de maquereau accompagnés d’une purée de carottes.

La balade #26 part des jardins du Trocadéro pour se terminer à la mairie du 12ème, avenue Dauménil. Nous poussons la porte de l’immeuble et nous soumettons à la traditionnelle fouille de la Vigi-sécurité. Le garde nous apprend que le ‘salon colonial’, rebaptisé ‘salon des outremers’ par la commission chargée de veiller à la correction politique des expressions usuelles, n’est pas accessible car on y installe les tables, chaises et isoloirs des élections législatives à venir.
On bavarde gentiment et il voit notre déception de ne pas pouvoir admirer les toiles que Louis Beaupuy et René Durieux ont réalisé pour l’exposition coloniale de 1931 et placées ici en 1935. Il jette un regard à gauche et à droite, nous fait un grand clin d’œil, disparaît un instant dans un bureau et nous remet une brochure en couleur, illustrée de la mairie en nous disant, cachez ça, je ne vous ai rien donné.

La balade #26 comporte 9 reliques des expositions universelles de 1855 à 1900 ainsi que des expositions internationales, de 1925 à 1937. J’ignore la raison pour laquelle au changement du siècle dernier, universel devient international. Quoi qu’il en soit, à la fin de chacune des manifestations, les pouvoirs publics ont distribué ci et là en ville, dans des parcs ou des mairies, quelques vestiges et décors éphémères. C’est le but de notre randonnée.

La semaine dernière, dans le hall d’entrée du musée des années 30, nous avions repère une reproduction de Pallas Athéné, le bouclier protégeant son flanc gauche et la lance prête à frapper.
Le texte lit: ‘À l’intelligence dominatrice de la matière’.
La sculpture de Carlo Sarrabezolles fut exposée à l’exposition universelle internationale de 1925.
Une autre reproduction que celle du musée des années 30, se trouve dans le bas des Jardins du Trocadéro.
Nous interrogeons un jardinier, qui charmant, abandonne un instant l’arrachage des racines mortes , « j’ai le temps de faire une pause », et nous conduit vers la statue. Elle a été vandalisée, on a arraché sa lance, nous explique-t-il, et soupirant. On bavarde un moment, il déplore les actes de vandalisme gratuit dont les parcs font l’objet. On vole systématiquement les fleurs que nous plantons dans nos parterres, quelle époque! Nous allons avoir beaucoup de travail, nous fait-il en nous quittant, on annonce des semaines chaudes et sèches, ponctuées d’orages. Très mauvais pour les plantations.

Dimanche nous allons avenue Foch, transformée en Biodiversi’Terre une promenade éphémère de 600 m de long avec veaux, vaches, canards, oies, plantes et fleurs.
Nous achetons deux briques de savons à la bave d’escargot pour offrir aux amis qui nous ont invité à partager un lunch le midi.

Plein de choses à faire à Paris.

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Carnet de Bord 17/4 – Paris 4 – Grandes Serres, Cité de la Musique, brocante, Circul’livre


Notre voisine Nathalie avait envie de faire un tour en Seine avec son bateau, le Bulle d’O.
On s’enrôle comme équipiers et jeudi matin, par un soleil radieux, nous sommes le premier bateau à franchir l’écluse numéro 9, celle qui sépare le port de l’Arsenal de la Seine.
Il est 09:15 lorsque le bateau entre en Seine, Nathalie fait trois rond dans l’eau en attendant que le feu de circulation du Pont de Sully passe au vert. À 09:35 le Bulle d’O s’engage dans le bras de la Cité. Nathalie s’extasie devant la beauté du spectacle qu’est la traversée de Paris en bateau par ce temps magnifique. Elle barre, sort son iPhone pour faire une photo, la bateau fait un embardée, elle reprend la barre, puis elle me passe le macaron pour reprendre une autre photo.

Nous passons la,Tour Eiffel, le Pont de Grenelle, la statue de la liberté et nous descendons jusque l’île Seguin. On contourne l’île par tribord dans le sens des aiguilles d’une montre pour admirer la coupole de la Cité de la Musique. Ensuite nous remontons le fleuve, on se fait trémater par quelques bateaux mouches et vers midi, le Bulle d’O re-franchit l’écluse #9. Nathalie remet son bateau en marche arrière à son point d’attache. Gentiment, une belle manœuvre d’amarrage, on applaudit.

Ça fait deux semaines que je n’ai plus complété mes billets. Pourtant nos journées
remplies, on a fait plein de trucs, on a vu de belles choses et nous avons flâné dans Paris, occupation majeure lorsqu’on réside dans cette ville.
J’ai trouvé le temps de peindre quelques aquarelles mais je ne trouvais pas le temps ou l’inspiration d’écrire une page pour mon blog.
Pour ne pas oublier comment nous remplissons les journées, je remplis scrupuleusement le livre de bord du Chat Lune.

Ce matin, samedi, le 3 juin 2017, au Circul’livre de la cour de Vincennes, métro Nation, je découvre un petit livre intitulé Picasso, Portraits et Souvenirs par Jaime Sabartés.
Le premier paragraphe déclenche une étincelle dans ma tête.

Les mots sont de Picasso à son ami Sabartés.
« Écris, mon vieux, écris…. Écris n’importe quoi, me dit-il, écris pour toi, si tu veux, même si ce n’est que pour toi, mais écris et tu verras que le cafard disparaîtra et que tu te sentiras mieux. »

Il a raison Picasso. Je n’avais pas le cafard et je ne me sentais pas mal, mais j’avais une espèce de flemme. Aussi, me disais-je, remplir ce blog n’est pas une obligation. Aucun éditeur ne me talonne et la poignée de lecteurs qui me sont fidèles, n’attendent pas la description de notre prochaine visite de musée avec l’impatience que l’on peut avoir à suivre un feuilleton passionnant.

Cela dit, nous avons chaque weekend, la tradition d’explorer plusieurs Circul’livre. L’initiative date s’il y a une dizaine d’années où la mairie du 12ème décide de mettre à disposition de tous ceux qui le souhaitent, des livres récoltés ci-et-là. La semence a pris et aujourd’hui, une quinzaine d’arrondissement organisent une ou deux fois par mois une mise à disposition de livres pour les habitants de leurs quartier mais en fait pour n’importe quel passant curieux et/ou intéressé. On prend, on rend et/ou on fait circuler, c’est gratuit et il n’y a pas de règles.
À chaque séjour à Paris, nous faisons circuler les livres de nos bibliothèque du bord.
Si vous souhaiter en savoir plus, voici le lien: http://circul-livre.blogspirit.com/qu-est-ce-que-circul-livre.html

Les brocantes sont une autre de nos activité traditionnelles. Celle de l’avenue de la République, métro Parmentier, est une ‘bonne’.
On découvre une petite nativité portative en bois qui vient compléter les bouddhas que Marleen collectionne.

En semaine, Marleen va voir une exposition au Musée des Arts Décoratifs, Travaux de Dames et OR Virtuose à la Cour de France et le musée mémorial Shoah.
Au Jardin des Plantes nous faisons le tour des Grandes Serres, de la Galerie Botanique et de la Galerie de Minéralogie et Géologie. Entre deux musées on va voir quelques films. Monsieur et Madame Adelman reçoit 3 étoiles. Churchill zéro.


L’exposition Venise au musée Cognacq-Jay déçoit un peu, les deux Canaletto de la collection permanente nous plaisent mieux que certaines œuvres de ses contemporains.
Par contre, nous aimons toujours autant le musée en lui-même et en particulier les pastels de Maurice Quentin de la Tour.

Jeudi nous retournons à Boulogne Billancourt pour voir le Musée des Années 30 et la Cité de la Musique sur l’île Seguin. Nous en avions fait le tour en bateaux avec Nathalie et nous étions curieux d’y aller à pied et de grimper sur les jardins de la toiture d’où l’on peut admirer la ville.

Nous faisions une pause en haut lorsqu’un monsieur bien mis, tenant à la main un attaché-case, nous y rejoint. Des jets d’eau automatiques aspergent la jeune végétation. Mon grand-père s’insurgerait, nous fait-il. On n’irrigue pas en plein soleil, les racines vont cuire.
Nous échangeons quelques propos. Il envie notre façon de vivre. J’aimerai faire la même chose, je suis pré-pensionné mais ma femme travaille toujours. Elle est architecte indépendante, elle aime ça et elle n’a pas envie de s’arrêter. L’année dernière nous avons pris deux semaines de vacances en Argentine, elle continuait à envoyer des mails et travailler sur son ordinateur.
On se quitte en se serrant la main et se souhaitant une belle journée.

 

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Carnet de Bord 17/3 – Paris 3 – Carolein Smit et la nuit des Musées

Courez tous à la galerie Michèle Hayem, au 5, rue de Beaune, rive gauche, dans le 7e.
Notre amie Carolein Smit, artiste Néerlandaise de renommée internationale, expose des figures en faïence émaillée. Ses œuvres sont au Victoria & Albert à Londres, au Kunsthal à Rotterdam et à Frechen en Allemagne. Voir le lien suivant: http://www.caroleinsmit.com
On est jeudi soir, il pleut des cordes, les musiciens installés aux carrefour des rues adjacentes pour animer les 40 ans du Carré Rive Gauche, protègent tant bien que mal leurs instruments.
Carolein crée des animaux réels ou imaginaires, très rococo, qui frisent souvent le macabre. L’artiste elle-même, une très grande femme, est pleine de joie de vivre, son rire tonitruant fait vibrer la galerie.
Le mauvais temps nous empêche de faire le tour des autres galeries, ce sera pour plus tard.
Nous quittons l’artiste en nous donnant rendez-vous dans son atelier, notre voyage retour avec le Chat Lune passera pas loin de Breda ou elle réside.

 

Samedi soir, la nuit des musée, l’événement européen, fait l’objet d’une grande publicité à Paris. Aussi, les incontournables voient les files d’attente s’installer devant leur porte, longtemps avant l’heure d’ouverture. Marleen envisage d’en faire un reportage photographique plutôt que de joindre les courageux qui battent le pavé.

La brochure de l’événement indique que la crypte archéologique de Notre Dame ouvre ses portes à 10:30. Le guide à l’entrée précisé que l’entrée libre, dans le cadre de la nuit des musées, est prévue à 18:00. Bien entendu, rajoute-t-il, si vous tenez l’information de la brochure, je vous laisse entrer maintenant sans payer, merci monsieur.

Nous apprenons que les fouilles du parvis de Notre Dame, en 1965, ont mis à nu les vestiges de rues, maisons et bains publics Romains. Souvent, les guerres et les révolutions font reculer les connaissances des hommes. Les thermes et les villas romaines en sont un bel exemple. Après la disparition de cette civilisation, il nous a fallu plus d’un demi millénaire pour redécouvrir le chauffage central. Nos ancêtres mouraient de froid dans leur châteaux, péniblement chauffés par les bûches brûlant dans leurs cheminées ouvertes. En Angleterre, en l’an 400, les Saxons grillaient leur gibier sur des feux de camp, allumés sur les mosaïques des atriums des villas laissées à l’abandon par leur propriétaires. Ces habitations étaient dotée d’un système sophistiqué de chauffage au sol et dans les murs. L’air chaud circulait dans des conduits de briques creuses.

En fin d’après-midi, après avoir passé en revue les photos des jardins des châteaux, accrochés aux grilles du Jardin du Luxembourg et photographié la file d’attente devant le musée du même nom, nous marchons direction Saint-Sulpice. Dans la crypte de l’église, le moine photographe Roumain Patelimon Susnea expose et vend les clichés couleur de son monastère et ses occupants. La crypte, improvisée en galerie se prête bien au genre des photos.

Dans le même quartier, rue Monsieur le Prince, l’appartement du philosophe Auguste Comte, fondateur de la religion de l’humanité, sorte de religion sans dieu, n’attire pas les foules non plus.
Un artiste Franco-Hongrois, Mathias Kiss, a décoré les pièces de l’appartement d’objets usuels, passé à la peinture dorée.

La Hongrie nous inspire et plus loin, rue Bonaparte, à l’institut Hongrois, nous dégustons une tartelette traditionnelle de ce pays, gâteau, pommes, noix et grains de pavots. Nous avons appris à connaître la friandise à Budapest au café Fröhlich, il y a quelques semaines.

Vendredi matin, la veille de la nuit des musées et le lendemain du vernissage à la galerie Michèle Hayem, par le plus grand des hasards, nous retrouvons Carolein et son amie Anna, aux Halles Saint-Pierre, près du Sacre-Coeur. Elles ont eu la même idée que nous, visiter l’exposition d’Art Brut intitulée Grand Trouble. Carolein nous confie que cette galerie est une de ses préférées à Paris, on partage les mêmes goûts.

Dans les rues adjacentes, nous poussons la porte de quelques magasins de tissus.

À la Mercerie Saint-Pierre, une armée de poupées d’étalage mi-grandeur nature, très sexy, décorent les tables de présentation des rouleaux de textile.

On ne s’ennuie pas à Paris.

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Carnet de Bord 17/2 – Paris 2 – Antiquités Bastille – Django

Le Chat Lune sortit du chantier de Linssen en mai 2005, nous en avons immédiatement pris possession et notre premier voyage fut vers Paris.
Un peu en amont de la Grande Bibliothèque, nous fûmes interpellés par une vedette de la fluviale.
L’adjudant, monté à bord, nous rassura, j’ai avec moi une dizaine de recrues à qui je veux montrer comment et quoi contrôler sur un navire. Bon enfant, toute l’équipe passa en revue, les extincteurs, les gilets de sauvetage, les papiers, assurance, facture etc. Une demi heure plus tard, tout le monde se serra la main, on nous souhaita bon voyage et nous pûmes franchir, pour la première fois, l’écluse qui sépare la Seine du port de l’Arsenal. Les années suivantes, à chaque voyage sur la Seine, il arriva souvent qu’une vedette de la fluviale nous croisa en saluant le Chat Lune, le bateau école de leur période d’apprentissage.

Cette année-ci nous entamons notre 13e saison de navigation avec notre Dutch Sturdy. Si je déduit notre périple à Berlin en 2010-2012, c’est notre dixième séjour à l’Arsenal.
Le port est un village, ou plutôt trois villages. Il y a ceux qui comme nous, sont amarrés entre la passerelle et l’écluse, côté boulevard Bourdon. Il y a ceux amarrés entre l’entrée du tunnel et la passerelle et puis il y a les ‘riches’, les vedettes et barges anglaises amarrés au quai, côté capitainerie. Tous les villageois se connaissent mais les liens sont plus serrés entre ceux du même village, comme cela est le cas sur terre.

Hier matin, nos amis Genevieve, Bill et leur fils Garrett nous ont quitté pour aller à Briare. On les reverra en juin. En juillet, le Chat Lune et le River Pipit remonteront la Marne ensemble.

La foire d’antiquités et brocantes de la Bastille, organisée dans des tentes qui ceinturent le bassin du port, se termine ce dimanche 14 mai. J’y ai admiré, mais pas acheté pour 260€, le bel anémomètre ancien signé Jules Richard.


Il s’avère que Anne Hidalgo, la mairie de la ville, ne voit pas d’un bon œil la foire à cet endroit. La manifestation sera reléguée à la Porte de Versailles pendant les travaux d’embellissement du rond point de la Bastille, de 2018 à 2019. D’aucun pensent qu’elle ne reviendra jamais ici. Nous avons signé la pétition de protestation.

Le Jardin des Plantes arbore son manteau de printemps, les jardiniers ont plantés des parterres de fleurs de bas-côtés de routes, d’une variété de couleurs qui couvre tout le spectre, du violet presque noir au rouge foncé.


Le long de la haie des jardins de l’école botanique, Vincent Munier, photographe, offre aux flâneurs une alternance de clichés d’ours bruns et blancs.

Nous aimons séjourner plusieurs semaines à Paris, cela nous permet de nous promener sans but trop précis, lorsque l’envie nous prend. Voir la tombe de Géricault au Père Lachaise, traverser le pont d’Austerlitz pour admirer le Jardin des Plantes, de prendre le métro pour aller voir un vide-grenier dans les couloirs du Passage des Panoramas, comme ce matin, ou aller chiner dans les tentes de la foire d’antiquité à deux pas de notre endroit d’amarrage, et ensuite voir la vingtaine d’artistes contemporain au Bastille Design Center, au 74, Bd Richard Lenoir, comme cet après-midi.

On aime le cinéma et lundi après-midi nous avons vu Django, le film qui vient de sortir et qui retrace trois ans de la vie de Django Reinhardt pendant la deuxième guerre mondiale.

Avant que la Passerelle des Arts et le Pont de l’Archevêché ne s’effondrent sous le poids des ‘cadenas d’amour’, la municipalité a fait enlever les grilles pour les remplacer par des plaques en verre. La direction du Patrimoine, en collaboration avec le Lycée professionnel Hector Guimard ont sélectionné 150 grappes de cadenas pour les monter sur des pavés et des plaques en bois. Quinze grilles entières ont été montées sur des plateaux en munis de roulettes.


Les objets ont été mis en vente publique au Crédit Communal de Paris; elle a rapporté plus de 250.000€. L’argent sera versé au Plan de Mobilisation de la communauté de Paris pour l’accueil des réfugiés.
La veille de la vente, nous avons admiré les œuvres d’art.
Voilà comment une idée stupide peut se transformer en une œuvre de bienveillance.

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Carnet de Bord 17/1 de Gand à Paris

Au début de sa carrière professionnelle, mon frère avait un patron réputé pour ses compétences commerciales. « Jacques, n’oublie jamais, le contact social, rien ne vaut le contact social! » Répétait-il à longueur de journée.
On en a pris bonne note et nous, on cause aux gens, en navigation en particulier aux mariniers, aux éclusiers et à toutes les personnes que nous rencontrons sur notre chemin.
Ainsi, on apprend des choses et on avance plus vite, vous verrez plus bas.

Contrairement à mon habitude, je vous livre le récit de notre navigation de Gand à Paris; une fois n’est pas coutume.

Gand – Menin se déroule sans problème malgré une attente de près de deux heures devant l’écluse de Harelbeke sur la Lys.
Avant cela, à Sint-Baafs-Vijve, le premier ouvrage d’art de notre voyage, l’éclusier, sympa, compte tenu de notre taille, nous fait passer de la 8e bassinée à la seconde. Ce lendemain de weekend prolongé, le fleuve est embouteillé.

Le soir, nous frappons les amarres au port de Halluin-Menin. L’endroit est tristounet, particulièrement par ce temps glacial et pluvieux. On ne voit personne.
La deuxième nuit, nous faisons halte à Don, dans le bras de l’ancienne écluse. La halte fluviale est propre, calme et en bon état.
Sur la place du village une friterie nous prépare notre repas du soir. Nous sommes ici depuis dix ans, nous explique la patronne, ça marche bien, on travaille à 4, bientôt à 5. Les frites ne valent pas celles du ‘Blauw Kotje’, sur la chaussée de Courtrai à Gand, mais après une journée de navigation, elles passent bien.

Le jour suivant, les trois écluses de Douai nous ouvrent leurs portes de loin, je félicite l’éclusier de la seconde, « de toutes les écluses que nous avons franchies depuis 13 ans, vous êtes les plus sympas ». C’est vrai et le préposé promet de transmettre le message à ses collègues.
On s’engage dans le canal du Nord, derrière Angelina, un Freyssinet de 39 m. Il nous conduit jusqu’à l’entrée du tunnel de Ruyaulcourt, il est 20:15. Depuis le 1e janvier 2017, les écluses de ce trajet tournent de 06:30 à 20:30.

 

Amarré derrière nous, le patron de l’Anclama nous conseille de nous engager les premiers dans le tunnel, le lendemain matin, afin d’éviter d’être dans les gaz d’échappement des péniches. Il me confie avoir 59 ans, encore trois ans à tirer, ma maison est payée ainsi que mon bateau, je suis pépère. J’ai commencé à naviguer avec son père, à l’âge de 14 ans. J’ai parcouru l’Europe, France, Belgique, Hollande même l’Allemagne. J’aime bien les allemands, les hollandais sont arrogants et les flamands sont encore plus racistes que nous.
Je l’écoute poliment, notre pavillon français m’évite une explication.

J’engage le Chat Lune dans le tunnel à 06:20, ensuite, nous prenons toutes les écluses avec l’Anclama et nous frappons nos amarres à 20:10 sur le canal latéral à L’Oise, à Janville devant une coquette petite maison.
En sort une vieille dame, toute menue, le chignon gris et le sourire aux lèvres.
J’habite ici depuis 35 ans, à la mort de mon mari. Mes enfants sont à Charleville et moi je regarde les bateaux passer. Attention, laisser du mou à vos amarres, la nuit, le niveau de l’eau varie d’une trentaine de centimètres. Je suis son conseil.

Le cinquième jour, on repart à l’aube, pour arriver chez Guerdin à 08:05, nous sommes le premier client de la journée, on fait le plein de carburant et j’achète un bout de cordage pour remplacer notre aussière centre tribord, qui s’effiloche. À Paris, au calme, je vais réaliser un œil épissé pour faire une belle boucle. L’employé qui nous sert revient d’une croisière sur le Danube, il a visité Budapest, on échange quelques souvenirs.
Comme toujours, la descente de l’Oise se déroule sans problème, les portes des (petites) écluses s’ouvrent à notre approche et à 18:30, 100 km et 7 écluses plus tard, nous amarrons notre bateau aux pontons de la halte fluviale de Conflans-Sainte-Honorine, sur la Seine.

Dimanche, le 7 mai, c’est mon anniversaire et le sixième jour de notre voyage vers Paris.
L’éclusière de Bougival à un délicieux accent du midi, elle regrette le manque de soleil. À la sortie du bassin, du haut de la tour de contrôle, tout sourire, elle nous fait des grands gestes de bon voyage.

  1. Le courant n’est pas fort sur la Seine et à 14:44 on passe au niveau de la statue de la Liberté, en vue de la Tour Eiffel.
    Une heure plus tard, ayant louvoyé entre les bateaux-mouches, nous franchissons l’écluse #9, celle qui relie la Seine au Canal Saint-Martin et au port de l’Arsenal.
    Remi, le capitaine du port nous attribue l’emplacement #54, à trois bateau de l’écluse. Nous avons le cœur chaud, on est accueilli par Carlos du ‘Sungai’ , Béatrice de ‘Chantons sous a Pluie’, Bill et Genevieve du ‘River Pipit’, Nathalie du ‘Bulle d’O et Xavier et Michèle du Bonny’.
    L’apéritif est au frais, nous sommes arrivés chez chez nous.
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