19-5 Préparation du Chat Lune pour la saison 2019

Notre quinzième croisière avec le Chat Lune se prépare.

Hier matin j’ai pris en main le bateau chez Carron Marine et accompagné de mon petit fils Léo et de son ami Warren, nous l’avons acheminé jusqu’au port de Gent Leie, à 200 m de chez nous.

Il faisait beau et froid. La traversée du port de Gand est toujours spectaculaire comme vous pouvez en juger des photos ci-dessous.

Le 24 mai 2005 nous achetons le bateau chez Linssen à Maasbracht. Il est en construction et nous apportons encore quelques modifications telles que des lampes de lecture au dessus des lits. 

Le 20 juin 2005 nous réceptionnons le bateau à Auxerre, des mains de Paul Van Der Meye, le capitaine du port et le concessionnaire Linssen en France. 

Dans notre premier livre de bord je lis que le 30 juin 2005, à 16:00, nous larguons les amarres et partons vers le sud sur le canal du Nivernais. Nos amis d’enfance Léon et Colette nous accompagnent pour le voyage inaugural du Chat Lune.

Le même jour à 17:15, nous amarrons le bateau à Vaux, au deuxième ponton après le pont, toujours selon le livre de bord.

Aujourd’hui, nous en sommes à notre 7e livre de bord. J’utilise pour cela un livre de dessin Canson, 108 pages, 100gr/m2, 21 x 28 cm, couverture cartonnée noire.

Depuis juin 2005, chaque année, nous vivons à bord et naviguons avec notre Dutch Sturdy 320 pendant 5 à 6 mois. Au fil des ans, nous avons parcouru toutes les rivières et les canaux de la France, au nord de Lyon. De 2010 à 2012 nous avons navigué en Allemagne. Notre port d’attache était Potsdam près de Berlin. Nous avons descendu l’Oder jusqu’en Pologne, et parcouru la région des mille lacs située entre Berlin et la mer Baltique. 

Plus récemment, et par deux fois, le Chat Lune a descendu le Rhin de Strasbourg à Nijmegen. 

On a aussi sillonné les voies navigables des Pays Bas, de la Frise au Delta des grands fleuves.

Le compteur horaire marque près de 4000 heures, ce qui nous fait une moyenne annuelle de 280 heures de navigation. Voilà pour les amateurs de chiffres.

Nous allons consacrer les quelques jours qui viennent à l’avitaillement du bateau. Essentiellement, une réserve de nourriture sèche et en boîte, des vêtements et des livres.

Marleen est très structurée, les objets et les victuailles sont consignées sur des fiches. 

L’expérience montre que la mémoire, c’est bien, les fiches, c’est mieux.

Notre premier objectif est de joindre nos nombreux amis au port de l’Arsenal à Paris. 

Nous pensons y arriver avant la fin avril.

Je lancerai un nouveau billet.

Ci-après quelques aquarelles.

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19 – 4 – AUDI e-Tron, Hof van Busleyden et Paris

Ce matin j’ai retrouvé ma plume. Pour garder ses lecteurs il est recommandé au blogueur d’éditer une page à intervalle régulier. Un rythme hebdomadaire est idéal selon les experts. 

Depuis le 20 janvier dernier, je n’ai plus rien publié. J’ai du perdre des lecteurs. 

Ce matin, il fait printanier. Je continue malgré tout à remplir de graines de tournesol, la mangeoire du jardin. Les mésanges, les pinsons et les rouges-gorges me sont reconnaissants. 

Pour revenir à mon blog, voici en vrac, en résumé et dans le désordre, un inventaire de nos activités des dernières semaines.

L’Audi e-tron est une voiture entièrement électrique. Elle est propulsée par deux moteurs, un à l’avant et un à l’arrière du véhicule. Sa puissance est 95KWh et elle pèse 3T.

Lors de la visite de l’usine Audi Bruxelles, il y a quelques semaines, un de mes anciens collaborateurs, me fait remarquer que 3000 kg pour transporter 70 kg, ça fait beaucoup de kilos pour peu de kilos.

En valeur absolue, un chiffre isolé aussi petit ou grand soit-il, ne veut strictement rien dire, comme l’illustre Hans Rosling dans le livre posthume qu’il vient de publier sous le titre anglais ‘Factfulness’.

Aussi pour comparer, je me fais la réflexion qu’au 19e siècle, un hippomobile à six chevaux pesait le même poids. 

Six chevaux à 450 kg la pièce et un char à 300 kg, font le compte.  

Vous n’avez pas lu Factfulness? Courez vite l’acheter, et si l’anglais est un obstacle, sachez que le livre est traduit en français.

Au Cinquantenaire à Bruxelles, le Musée d’Art et Histoire consacre une exposition à l’art du textile précolombien, sous le titre ‘INCA Dress Code’.

Les cultures des Andes considéraient le textile comme un art majeur. Il revêtait une importante signification symbolique et sacrée.

À Malines, le Musée Hof van Busleyden présente quelques œuvres monumentales de Berlinde De Bruyckere en contraste avec une sélection de Jardins Clos.

Ces retables du seizième siècle font la richesse du musée. 

L’ensemble vient d’être entièrement rénové. L’architecte a su combiner l’ancien et le nouveau. L’intérieur tout en bois clair, met en valeur la beauté et la fragilité des œuvres exposées.

Il y a 20, notre cousin Jan Hoet créa le SMAK, le musée d’Art Contemporain de Gand.

Pour fêter cet anniversaire, le MSK, le musée des Beaux-Arts situé en face, expose trois œuvres emblématiques d’art contemporain. Leur présentation souligne le lien historique entre les deux musées. Il s’agit de ‘l’Aeromodeller’ de Panamarenko, du ‘Wirtschaftswerte’ de Joseph Beuys et du ‘Décor et son Double’ de Daniel Buren.

Neuf photographes de l’école Paul Kooiker du musée Fomu à Anvers, exposent leurs œuvres dans les locaux délabrés de l’ancienne école industrielle de Gand au Lindelei, en face de l’un des ports de plaisance de la ville.

L’aspect ‘Lost Places’ de l’ancienne école nous séduit plus que les clichés des artistes.

Fin février, nous avons séjourné une semaine à Paris. Nos amis du port de l’Arsenal nous manquaient. Nous en avons profité pour voir quelques expositions. 

Entre autres:

Au Centre Culturel Canadien, 130, rue du Faubourg Saint-Honoré, Shannon Bool s’est inspiré des dessins érotiques du Corbusier pour réaliser des tapisseries et de la peintures sur toile.

La Halle Saint-Pierre présente l’Art Brut Japonais. Le musée ouvre ses portes à 11:00, nous sommes en avance et le soleil brille. Nous ignorons le funiculaire et nous grimpons les 222 marches qui nous mènent au parvis de la Basilique de Montmartre.

Marleen et Geneviève pénètrent dans l’église, j’admire la vue de Paris.

La maison de la culture du Japon nous offre « Fujita, œuvres d’une vie ».

Pour notre séjour Parisien, nous avons choisi le semaine du 18 février. Le soleil est présent chaque jour et entre deux expositions nous flânons dans les rues et dans les jardins.

Paris compte 120 fontaines Wallas. Toutes sont peintes en vert à l’exception d’une jaune, d’une bleue, de deux rouge, et d’une rose.

La mise à l’eau du Chat Lune est prévue pour le 12 avril prochain. 

Prochaine étape, le Port de l’Arsenal, 11, Boulevard de la Bastille, Paris 75012.

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19 – 03 – Salon de l’Auto et l’Hôtel Notre Dame à la Rose

Je viens d’apprendre quelque chose de nouveau. 

Le dernier livre de Peter Wohlleben, s’intitule: ‘Gebraugsanweisung für den Wald’, il est publié en français sous le titre ‘La Vie au cœur de la Forêt’. J’apprends que les animaux sauvages qui vivent dans les forêts ont une bonne intelligence pour identifier les dangers qui les guettent. Le plus grand de ces dangers vient de l’homme, le méga-prédateur par excellence qui tue sans trop de discernement, tout et n’importe quoi, même les membres de sa propre espèce. Mais les animaux de la forêt savent aussi, que les prédateurs en chasse, ne font pas de bruit. Par conséquent la troupe de scouts en vadrouille ne les dérange pas et ces derniers peuvent continuer à chanter à tue-tête ‘Youkadi, Youkada, youkadi adi ada,’ sans crainte d’effrayer les biches.

Comme je l’ai signalé dans mon billet précédent je suis allé au salon de l’auto, mon frère qui est du métier, m’a procuré des cartes d’entrée pour la journée VIP. C’est soit-disant, un ‘petit salon’ consacré aux véhicules utilitaires. En cherchant bien, on peut en effet trouver ici et là quelques camionnettes. Partout ailleurs, les marques de voitures sont bien représentées, avec leurs nouveaux modèles. Mon frère Jacques qui est du métier, m’a confié que le salon de Bruxelles est un salon populaire parce que les voitures sont en vente. 

J’ai constaté que les constructeurs fabriquent et vendent 99% de voitures à moteur à combustion mais qu’ils consacrent 99% de leur budget publicitaire à promouvoir les modèles hybrides et entièrement électriques. Question de sauver la planète. 

J’avais rêvé que des jolies filles, légèrement vêtues, me présentent les véhicules électriques que les publicités et les politiciens nous servent comme la solution à l’échauffement de la terre. 

Je n’ai vu qu’une seule fille sympa qui correspondait à mes critères esthétiques. Malheureusement, elle ne s’appuyait pas sur le capot d’une quelconque hybride mais elle caressait une ‘Dreamcar’ dans le hall #1.

Je vous livre mon reportage photographique, sans commentaires. Sachez que pour figurer dans le hall #1, les voitures de rêve doivent avoir sous leur capot des moteurs à combustion qui développent au moins 500 CH, vroum, vroum.

Pour clôturer ce paragraphe concernant les voitures et la mobilité, mon ami Pierre L. m’a fait connaître une analyse publiée par le Centre Jean Gol. Elle mérite lecture.

http://www.cjg.be/wp-content/uploads/2018/12/2018-décembre-SF-Liberté-et-technologie.pdf?fbclid=IwAR3xNud1KquwE9zTBSK_z61wSPBeAItsipgdbr5dqyXWFqeGnVnY-KkmRhY

Ath et Lessines sont deux petites villes distantes de 13 km, elles sont localisées le long de la Dendre.

Je suis né dans la première et l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, est un Hôtel-Dieu du 12ème siècle  situé au cœur de la deuxième. 

À ma honte, enfant de la région, j’ignorais que Lessines en eut un qui a fonctionné jusque dans les années 80. Voir https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Hôpital_Notre-Dame_à_la_Rose

À la fin du 19e siècle, une religieuse Lessinoise, Marie-Rose Carouy invente l’Helkiase, un médicament efficace pour traiter les maladies de peau et les ulcères. Aussi douée pour le marketing que pour la pharmacie, c’est à elle que l’Hôtel-Dieu doit son suffixe ‘à la Rose’. 

Le produit connaît un succès international, on le trouve jusquMarie-Rose’aux USA et en Inde. 

La vente s’arrête un peu avant le début de la deuxième guerre mondiale. L’antiseptique contient du bichlorure de mercure et ses effets secondaires sont parfois mortels.

N’empêche que sa période de gloire contribua à mettre l’abbaye sur les cartes du monde.

Curieusement après une visite de deux heures, nous sommes sortis un peu déçus.

Les lecteurs de mes billets se souviennent qu’il y a quelques années, le Chat Lune a visité de nombreux Hôtels Dieu établis dans les villes du Nord de la France, le long de la Saône et du Doubs.

Paradoxalement notre déception est liée à la richesse du musée. Il possède une importante collection d’objets pharmaceutiques et médicaux, tel qu’un grand nombre des trousses de chirurgie complètes qui ont l’air neuves. Le curateur a cru bien faire en exposant le plus objets possible. Par exemple, le couloir central de la salle des malades est encombré d’anciennes chaises roulantes et de vitrines contenant entre autres, les nombreuses valises de chirurgie. Dans les 20 chambres, cuisines, réfectoires et bureaux annexes, des colonnes d’information didactiques voisinent avec pléthore d’objets usagés. 

C’est beau, c’est propre et c’est instructif mais c’est surchargé et nous regrettons de ne pas sentir l’austérité qui devait caractériser les lieux lorsque l’abbaye fonctionnait normalement.

Ces remarques sont personnelles et il n’empêche que l’Hôtel Notre Dame à la Rose est un des plus beau et des plus riche Hôtels-Dieu que nous ayons visité.

 

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19 – 02 Raoul Servais, Käthe Kollwitz et Stefan Balkenhol

Pour faire le lien avec mon précédent billet, chez Alijn, j’étais intrigué et je ne réussissais pas à localiser un pont levis, vu sur une photo avec une publicité des cigarettes Saint-Michel. 

La coïncidence veut que quelques jours plus tard, An H., publie sur FB une ancienne vue de la ‘Dampoort’. On peut y voir le pont levis en question. 

D’où l’utilité de Facebook, merci An.

Nous passons quelques jours sur la côte, voici en bref nos explorations, commentaires et photos.

Lors d’une interview en 2008, Raoul Servais déclare: »Cinquante ans après l’invention de film d’animation, j’ai exploré moi-même le mystère du dessin animé. C’était agréable de découvrir quelque chose qui existait déjà, mais j’ai perdu beaucoup de temps à chercher. »

Le MuZee  à Ostende a ouvert une aile permanente dédiée à Raoul Servais, dessinateur, peintre, graphiste et animateur. On peut y voir en autre, un programme varié de court métrages en bloc d’environ 30 minutes.

 Koekelare, un village Ouest-Flamand, situé à l’intérieur du pays, à une vingtaine de kilomètres d’Ostende, a rénové dans une ancienne brasserie, son musée dédié à Käthe Kollwitz. 

Le fils Peter de cette artiste Allemande fut tué pas loin d’ici, au début de la premier guerre mondiale, à l’endroit où l’avancée de l’armée du Kayser fut stoppée par les armées Alliés sur le front de l’Yser.

Le jeune homme avait 18 ans. Pendant toute sa vie, Käthe Kollwitz consacre son talent artistique, peinture, graphismes et sculptures à des causes sociales et à un plaidoyer permanente pour la paix dans le monde. Elle meurt le 22 avril 1945, quelques jours avant la fin de la deuxième guerre mondiale. Après la première guerre elle réalise un cycle « La guerre, le prolétariat, la mort et la famine ». Au cimetière militaire allemand de Vladslo on peut voir deux sculptures la représentant avec son mari en train de pleurer sur la tombe de leur fils. 

Le musée de Koekelare retrace également l’histoire des ‘Fransmans’. Ces travailleurs saisonniers belges, essentiellement des Ouest-Flamands mais aussi des hommes et des femmes en provenance du Hainaut partaient pour plusieurs mois dans le nord de la France pour récolter les betteraves  sucrières. Cette transhumance pris fin au début des années 60, les ‘Fransmans’ furent remplacés par des machines agricoles qui en une journée font le travail de 15 ouvriers pendant 3 jours.

À l’autre bout de notre côte, dans le centre culturel Scharpoort, à Knokke-Heist se terminait hier, le 13 janvier 2019, l’exposition d’œuvres de Stefan Balkenhol.

L’artiste allemand sculpte des représentations d’êtres humain et d’animaux à partir de bûche de bois d’abachi.  C’est un arbre africain qui pousse rapidement et dont le bois clair est tendre et se prête bien à la sculpture. Stefan Balkenhol taille ses figures à la tronçonneuse électrique et ensuite à coup de ciseaux, à partir d’un seul bloc de bois. Il laisse apparente les traces de ses outils et il finalise ses œuvres avec de la peinture. Dans le documentaire projeté au rez-de-chaussée du centre culturel, l’artiste explique qu’il travaille généralement sur plusieurs figures à la fois et qu’il en réalise 150 par ans. 

Les œuvres exposées ici proviennent essentiellement de collections privées.

Vendredi prochain je vais au salon de l’auto. J’essayerai de prendre des photos des plus belles hôtesses. 

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19 – 01 – Rainbow vs. Endeavour et le tabac dans la Huis van Alijn

A photograph from the Edwin Levick Collection showing the Rainbow and Endeavour I fighting for the lead during the 32nd America’s Cup in 1934. In this photo, the Endeavour I has a slight lead over the Rainbow.

Le samedi 15 septembre 1934, dans la baie de Newport, dans le Massachusetts aux États Unis, le yacht Britannique Endeavour, avec à sa barre Sir Thomas Sopwith, coiffe à la ligne d’arrivée, de 2 minutes 09 secondes, le yacht Rainbow du New York Yacht Club, barré par Harold S. Vanderbilt.

L’America’s Cup se joue en sept manche, le gagnant est le yacht qui en remporte quatre. 

Endeavour gagne les trois premières courses et Rainbow gagne les trois suivantes. 

La dernière manche met les nerfs des marins et des spectateurs à vif et c’est avec 55 secondes d’avance que Rainbow bat Endeavour et remporte ainsi la coupe America pour le Yacht Club de New York.

À Ostende, en passant devant Delamont Creations, un magasin situé au croisement de la Koningsstraat et la Kemmelberstraat, je vois du coin de l’œil dans la vitrine, la maquette d’un sloop gréé. Je pousse la porte et je demande à voir l’objet. La dame du magasin, une ostendaise sympathique, bavarde et gentille, m’explique qu’elle vient à l’instant de mettre la maquette en vente. « Je l’ai reçu d’un client qui m’a dit que c’était un bateau célèbre, qui a gagné des courses.

C’est la Nouvel An, je vous le laisse pour une modique somme. » On bavarde encore un bon moment et fier comme Artaban, je rentre chez moi, le yacht enveloppé dans un grand sac en plastique que la dame du magasin m’a fourni, car il pleut un peu et ce serait dommage de l’abîmer, précise-t-elle.

Le support du bateau comporte une plaquette en laiton, sur laquelle on peut lire, ‘RAINBOW 1934’.

Les Dunhill rouges sont les cigarettes un peu snob que je fumais il y a une trentaine d’années. J’ai écrasé la dernière dans le cendrier en cristal qui trônait sur mon bureau, au premier étage du 201 Bd. de la Deuxième Armée Britannique à Forest, un vendredi soir avant de rentrer chez moi.  

Pendant mes études je fumais des Saint-Michel vertes. Par la suite, à l’instar de mon père, qui entre deux cigarillos, fumait la pipe, j’embaumais les locaux du laboratoire de l’université où j’étais assistant professeur, de la doucereuse odeur du tabac Clan. 

Plus tard, lorsque je travaillais à Paris, comme consultant au bureau d’études André Vidal et Associés, j’alternais les gauloises bleues et les gitanes, sans filtres. 

Voici, au travers de ma tabagie, une tranche de ma vie.

Het Huis van Alijn, (la maison d’Alijn) est installé dans la seule Maison-Dieu de Gand, datant de 1363. L’hôpital pour enfants est devenu un musée consacré à l’art, aux traditions populaires et à l’artisanat de la Flandre. On peut y voir des reconstituons de boutiques, d’intérieurs particuliers et d’ateliers des années 1900.

Une exposition temporaire intitulée ‘Rook’ (fumée) retrace l’histoire du tabac de Christophe Colomb à nos jours. 

De salle en salle on va des vertus médicinales de la nicotine au 16e siècle à la campagne nationale Belge qui ambitionne que tous les enfants nés en 2019 ne fumeront jamais. 

Le parcours est agrémenté d’objets divers, pipes, paquets de cigarettes, blagues à tabac, publicités, clubs de fumeurs de pipe avec leurs concours annuels pour élire le champion qui gardera allumé le plus longtemps possible les 3 grammes de tabac que le maître des cérémonies distribue aux participants, en début de la compétition. Des photos montrent ce qu’on avait oublié, mais que nous avons connu, les réunions de familles où tout le monde, sauf les nourrisson, ont la cigarette au lèvres ou le cigare en main.

Quelques faits pris au hasard:

  • En 1929, le médecin Allemand Fritz Lickint fait le lien entre le cancer du poumon et l’usage du tabac. 
  • Dans les années 70, quarante ans plus tard, au sommet de sa gloire, Eddy Merckx fait de la publicité pour la cigarette R6, pauvre en goudron et en nicotine, mais avec beaucoup de goût. 
  • En 2017, près d’un siècle après la découverte du Dr. Fritz Lickint, Philip Morris reconnaît publiquement que la cigarette nuit à la santé.
  • Aujourd’hui en 2019, 1 Belge sur 5 fume toujours, ainsi qu’ 1/7e de la population mondiale, soit 1,1 milliard d’habitants.

Fumeurs ou non fumeurs, je vous remercie de lire mes billets et je vous souhaite une bonne santé, un bonne année nouvelle, qu’elle soit pleine de joie et de découvertes. Sachez qu’il y a un lien de causalité directe entre la curiosité et la longévité.

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18-49- Pass Musée, Mercator, Adriaan Brouwer, ex-Libris et la fibre de carbone

Frislant est une île de l’Atlantique, située sous l’Islande au sud-est du Groenland.

Peuplée d’un million d’habitants, elle figure sur les cartes de Antonio et Nicolo Zeno datant de 1558 et sur les cartes de Gerardus Mercator de 1560. On la retrouve encore en 1693 sur une carte de Vincenzo Coronelli. Ce n’est que vers la fin du 18ème siècle que l’île disparaît des mappemondes, engloutie dans l’océan. La légende veut que ses habitants l’abandonnèrent avant sa disparition pour aller s’installer en Frise, au nord des Pays-Bas. 

C’est en scrutant les cartes exposées dans les salles du musée Mercator à Saint-Nicolas, que je découvre l’existence de cette île fantomatique. Il m’est permis en rêver que la légende soit vraie.

L’exposition temporaire est consacrée à la cartographie Flamande et Hollandaise de 1500 à 1700, l’époque de gloire de la VOC et l’âge d’or qui en découla.

Notre pays vient d’émettre pour la modeste somme de 50€, une carte baptisée ‘Pass Musée’ qui donne l’accès gratuit à 120 musées et à un grand nombre de galeries d’art. 

Sachez que nos voisins du nord disposent du même système depuis une quarantaine d’années. La carte Hollandaise ouvre les portes de plus de 420 établissements d’art.

Mon deuxième rêve du jour est que la France crée la même facilité.

Notre nouvelle carte en main, nous nous sommes empressés de prendre note des endroits à visiter et nous avons pris le train pour Saint-Nicolas. L’ironie veut que les deux musées de cette ville n’acceptent pas (encore?) notre Pass Musée.

Mais nous voulons voir l’exposition temporaire de la cartographie mondiale au musée Mercator. 

Dans le musée adjacent, les ex-libris nous attirent.

Comme je l’ai mentionné dans mon billet il y a quelques semaines, à Frederickshavn, au nord du Danemark, nous avons découvert un musée entièrement dédié aux ex-libris. Cette forme d’art est une niche parmi tous ce que le monde artistique offre à l’heure actuelle. Il est difficile d’en faire le compte mais à première vue, il y a par le monde moins d’une centaine de musées et bibliothèques qui se spécialisent et qui rassemblent cette forme d’art.  

Le ‘Internationaal Exlibriscentrum’ à Saint-Nicolas en est un.

Il n’est ouvert au public qu’à la demande et je prend rendez-vous la veille de notre visite.

La responsable nous accueille à bras ouvert et nous consacre plus d’une heure pour nous montrer une sélection des centaines de milliers d’images que le centre possède et pour nous expliquer les différentes techniques l’utilisées par les artistes. Elle nous informe qu’elle prépare à l’heure actuelle la 22e edition d’un concours international qui aura lieu au printemps 2019 prochain.

Voir ci-après https://musea.sint-niklaas.be/exlibris

À Audenarde, c’est la dernière semaine de l’exposition temporaire d’Adriaan Brouwer. Le curateur a réuni des tableaux venus de musées et de collections privées du monde entier. 

Contemporain de Rembrandt et Teniers, Adrian Brouwer compte parmi les grands peintres des provinces du Nord. 

L’artiste turbulent peint la vie courante de son époque dont il brosse un tableau réaliste et plein d’humour.

En admirant ses œuvres on regrette que l’artiste, enfant de la ville d’Audenarde, soit mort à 33 ans. 

Avant de quitter le musée, on profite de l’occasion pour admirer une nouvelle fois, dans d’autres salles, les tapisseries d’Audenarde. Les verdures sont nos préférées. 

À Gand, nous avons l’habitude de visiter nos musées gratuitement le dimanche matin. C’est un des privilèges offert par la mairie aux habitants de la ville.

Avec notre Pass Musée, nous pouvons y aller quand on veut. Lors d’une ballade au centre de la ville, nous poussons la porte du musée du Design situé rue Jan Breydel dans l’ancien hôtel de maître de la famille De Coninck. 

L’exposition temporaire est consacrée à des objets en matériaux composites. La présentation donne un aperçu de ce l’on peut réaliser en combinant des fibres à des matières plastiques.

Il s’agit tant de prototypes que d’objets d’usage courant, que l’on retrouve dans les domaines les plus inattendus. Scooter électriques, carrosserie d’auto, pales d’éoliennes, vêtements renforcés, prothèses chirurgicales, violons, chaises, j’en passe. L’accent est mis sur l’usage de produits bio, tel que le chanvre et sur la possibilité de recycler les objets en fin de cycle de vie. 

 

  

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18 – 48 – Budapest, les musées, le zoo et le dentiste

La galerie Kieselbach est située Szent István körút 5, à 1055 Budapest, en face de l’arrêt des tramways 4 et 6. C’est une maison de vente de tableaux dont la qualité des produits offerts vaut un bon musée. 

La prochaine vente a lieu le 17 décembre à l’hôtel Marriott, voici le catalogue: 

http://www.kieselbach.hu/media/upload/auction_catalog/129/5c010139105d9.pdf

En face, au numéro 3, l’antiquaire qui fait l’autre coin de la rue Falk Miksa ùt et Szent István, mérite également une visite. 

Dans la foulée, pour regagner le centre de Pest, prenez la Falk Miksa ùt, pour vous régaler des objets et tableaux présentés par les antiquaires et les galeries d’art de la rue. 

C’est en flânant que nous avons découvert Kieselbach. Je me suis mis sur leur liste de vente et depuis lors, nous allons sur place et à défaut, j’admire leur catalogue sur la toile.

Les tramways 4 et 6 traversent le Danube par le pont Margit et vous conduisent à la place Széll Kálmán où vous attend le bus 16 qui vous mène au château sur le haut de Buda. 

La Galerie Nationale, le musée situé dans l’enceinte du château, offre une exposition intitulée ‘Bacon, Freud, and the painting school of London’. On connaît les grands noms et on reconnaît leurs œuvres. Mais comme toujours, et c’est la beauté de l’aventure, on découvre Dorothy Mead, une artiste que nous ne connaissons pas. Voir ‘reclining figure’ ci-dessous.

Mead, Dorothy; Reclining Figure; A David Bomberg Legacy – The Sarah Rose Collection at London South Bank University, Borough Road; http://www.artuk.org/artworks/reclining-figure-218196

Plus au nord, également à Buda, se trouve le musée Vasarely. Partant de Kieselbach, empruntez le bus 26, l’arrêt est en face de la galerie. Il prend le pont Margit, traverse la moitié du Danube et au milieu, il bifurque à droite et traverse en longueur toute l’île Margit. 

L’île doit son nom à Sainte Marguerite, fille de Béla IV, roi de Hongrie. Au 13e siècle, elle pris le voile dans le couvent des dominicains qui existait à cet endroit. Son père fit le vœux qu’il l’enverrait dans le couvent si Dieu lui permettait de reconstruire son pays après le passage dévastateur des Mongols. Son appel fut entendu, les Mongols rentrèrent chez eux, le pays fut reconstruit et la gamine, âgée de 11 ans, termina sa vie en prière. 

Aujourd’hui c’est un parc à vocation sportive, l’accès routier est réservé aux autobus et aux taxis. 

Parmi les ruines des abbayes, on y trouve l’hôtel fin de siècle, ´Grand Hotel Margitsziget,´ et l’hôtel thermal moderne ‘Thermal Hotel Margitsziget’.

Au nord de l’île, quittez le bus 26 au pont Árpád et montez sur le tramway # 1 qui vous déposera sur la rive droite du Danube en face de l’entrée du musée Vasarely.

Retour à Pest. Après trois ans de rénovations, le musée des Beaux-Arts expose le petit bronze qu’il possède et qui est attribué à Léonard de Vinci. La statuette trône au centre d’une salle en demi-cercle. Le long des murs on peut admirer des dessins et des esquisses du maître.

Le musée, un imposant bâtiment néo-classique fut construit au début du siècle dernier. Il est situé au nord-ouest de la Place des Héros à la halte Hösök tere du métro #1. 

Lorsque vous visiterez Budapest, n’oubliez pas de mettre sur votre liste des choses à faire, un trajet dans le premier métro de la ville.

Construit par Siemens et Haske en moins de deux ans, le ´Kisföldalatti’ (Petit Métro) fut inauguré par l’empereur Austro-Hongrois François-Josef le 3 mai 1896. L’utiliser, c’est revenir cent ans en arrière. 

Le musée des Beaux-Arts mérite une visite, non seulement pour les œuvres exposées, ainsi que pour la collection d’objets égyptiens et romains du sous-sol, mais également pour la décoration interne des salles d’exposition, des cages d’escalier et des vastes atriums.

Dans le même secteur, à 200 m du musée des Beaux-Arts, au nord de ‘Városliget’, le ‘Bois-de-Ville’, se trouve le zoo. Les animaux en cage, ça me fout le cafard, mais le guide Hachette insiste pour que nous allions voir leurs ‘prisons’ historiques, construites à partir du milieu du 19e siècle jusqu’à nos jours par des architectes renommés. Voir  http://www.zoobudapest.com/en/the-tradition-behind-the-ambition/meet-the-past/old-and-prestigious-buildings

Je clôture ce billet en répondant à la question que Gérard posait la semaine dernière.

En deux mots, c’est le ‘tourisme dentaire’ qui nous a conduit à Budapest.

Kreativ Dental est la meilleure clinique dentaire d’Europe, voir https://kreativdentalclinic.eu/fr/L’accueil à l’aéroport, le transfert vers l’hôtel, la réservation de la chambre, le programme préétabli des soins dans la clinique, le traducteur disponible pendant les traitements, les soins prodigués par des dentistes compétents, tout est réglé comme du papier à musique. 

En prime, comme vous avez pu le lire précédemment, la ville mérite son qualificatif de ‘Paris de l’Est’.

Chez nous, le ‘Pass Musée’ nous incite plus encore que par le passé à découvrir les richesses culturelles de notre pays. Ce sera pour mes prochains billets.

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