Carnet de Bord # 28 – De Besançon à Choisey

image

imageL’homme est un animal social qui aime créer des communautés, faut-il encore le souligner?
Nous n’échappons pas à la règle et je suis toujours amusé d’observer la chimie des relations qui s’opèrent lorsque nous amarrons le Chat Lune à un ponton parmi d’autres plaisanciers.
La halte nautique de Choisey n’offre ni eau ni électricité mais l’endroit est calme. Un jardin public bien entretenu sépare le canal des premières maisons. De la dunette, on voit le clocher de l’église du village dont l’horloge sonne l’heure et la demi-heure, sans interruption, jour et nuit.

image
À un petit kilomètre et une longue volée d’escaliers en pierre plus haut, un mega-centre commercial s’est implanté sur la colline et par conséquent il y a belle lurette que toutes les boutiques de Choisey, de l’alimentation générale au boulanger ont mis la clé sous le paillasson. Même l’église est fermée en dehors des services.

Au ponton, le Krabbe de Walter, de nationalité Suisse mais de cœur Français, ce sont ses paroles, est amarré près de nous, tout comme une barge Allemande et un plaisancier Français. Ces derniers ont à bord un jeune chat noir attaché par le collier à une longue laisse. Il se laisse caresser et ses yeux ont l’air de dire « détachez-moi, vous verrez, je resterai près de vous ».
Nous avons fait halte ici l’année dernière, ainsi qu’il y a dix jours lors de notre remontée vers Besançon.
Hier midi, sur notre chemin de retour vers la Saône, on frappe nos amarrés à la dernière des quatre places disponibles et Walter, nous avions fait sa connaissance lors de la remontée, nous salue avec enthousiasme et nous aide à l’amarrage. Du coup, nous faisons partie de la communauté en place. En quelque sorte, nous sommes de retour au ‘village’ et les conversations s’engagent comme si nous nous connaissions depuis toujours. Il y a nous, les gens du quai, et puis il y a les autres.
À propos de Walter, il est sympa en diable mais son français nous rappelle le comédien Suisse Emil Steinberger.
Si vous ne connaissez pas Emil Steinberger, empressez vous de compléter cette lacune dans votre culture générale artistique et allez sur YouTube.

Le 13 juillet dernier, à Saint-Symphorien-sur-Saône, l’éclusier de la 75, l’écluse de l’entrée du Canal Du Rhône au Rhin, nous avait mentionné le cygne solitaire de Choisey. En effet à longueur de journée, le bel animal fait des vas-et-viens du premier au dernier bateau. Lorsqu’un plaisancier lui jette un croûton de pain, il daigne le ramasser mais il s’en approche avec dignité, le renifle, le prend dans son bec et le mastique avant de l’ingurgiter.

image
Le canal aussi est un long village et ses habitants, qu’ils soient éclusiers où plaisanciers, résidents occasionnels, échangent à longueur d’eau leurs connaissances des particularités du cours d’eau.

À l’aube du lundi 20 juillet, c’est avec un certain regret que nous quittons le port du Moulin Saint-Paul à Besançon pour descendre le Doubs en direction de la vallée de la Saône.
Pour trouver des bonnes places d’amarrage, l’expérience nous a appris qu’en navigation fluviale, il faut partir tôt pour arriver en tout début d’après-midi à la destination projetée.

Nous prenons la dernière place disponible au quai du port de Ranchot. En tête de quai se trouve Tesserae, une barge anglaise de 18m. Depuis de nombreuses années, les Anglais parcourent les voies fluviales de France a bord de péniches qui font au moins cette longueur. Des chantiers comme Piper se sont spécialisés outre Manche, dans la fabrication de ce type de bateau.
Nous ne les aimons pas trop, car sur les pontons, ils occupent la place de deux vedettes de taille normale, en navigation ils avancent lentement et dans les ports, ils ont tendance à rester sur place pendant plusieurs jours si pas plusieurs semaines. Cela dit, leurs occupants sont généralement sympathiques et c’est le cas de l’équipage du Tesserae. Nous apprenons que la soeur du skipper est une artiste qui fait des tableaux en mosaïque à Porthleven en Cornouaille.
Voir http://www.tesseraegallery.com
Nous lui suggérons d’aller visiter le musée de la Mosaïque à Briare et d’aller ramasser des tesselles dans la décharge d’émaux. (tesserae=tesselle en français).

Nous restons deux nuits à Choisey, demain nous continuons notre chemin vers Saint Jean de Losne.

image

Publicités
Cet article, publié dans Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation, Réflexion, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.